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Montréal, ville bilingue?

Patrick Bellerose | Agence QMI

Joël Lemay / Agence QMI

La proposition d’élus montréalais de rendre bilingues les consultations publiques des commissions permanentes d’agglomération à la Ville de Montréal fait sursauter un groupe voué à la défense de la langue française.

Une recommandation de la Commission sur les finances et l’administration de l’agglomération de Montréal dans le cadre de sa consultation prébudgétaire 2021 propose de «reconnaître que les outils de consultation déployés dans le cadre des consultations publiques des commissions permanentes d’agglomération doivent être offerts en français et en anglais».

Le groupe d’élus souligne avoir reçu des critiques quant à l’usage unique du français lors de la consultation. Il ajoute que «l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro et que 12 des villes liées de l’agglomération de Montréal (sur un total de 14) ont un statut bilingue reconnu par le gouvernement provincial».

La Charte de la Ville de Montréal, elle, stipule que «Montréal est une ville de langue française», reconnaît le même document, adopté le 11 septembre dernier.

La mairesse d'accord  

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, ne voit aucun inconvénient à cette recommandation. «Dans aucune mesure, ça ne remet en question le statut francophone de la Ville de Montréal», a-t-elle dit vendredi en marge d'une conférence de presse.

La mairesse a souligné l'importance d’aller chercher des opinions directement dans les milieux de vie ou les foyers en employant différentes langues. Comme l'agglomération compte des villes avec des statuts linguistiques différents, elle croit qu'une telle mesure va dans le sens de l'objectif de recevoir le plus grand nombre de commentaires possible.

Interdit par la loi 101?  

Pour le président du Mouvement Québec français, la proposition contrevient carrément à la loi 101. «Je demande au président du comité exécutif de ne pas recevoir cette recommandation puisqu’elle ne semble pas conforme à la Charte de la langue française», dit Maxime Laporte.

Selon M. Laporte, le droit de communiquer dans les deux langues ne s’applique pas aux administrations comme l’agglomération montréalaise, même si c’est le cas pour certaines villes avec une forte population anglophone.

«Il y a un consensus au Québec pour renforcer la loi 101», dit-il en évoquant la volonté du gouvernement caquiste en ce sens. «Il ne s’agit plus de refaire le débat sur ses fondements, mais bien de s’assurer que les principes, qui sont portés par cette Charte de la langue française, soient mis en œuvre, soient respectés», affirme M. Laporte.

Avec la collaboration de Guillaume Cyr

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