/news/culture

«Radioactive»: pas d’étincelles

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Radioactive

Photo courtoisie

Marjane Satrapi est à la barre du long métrage biographique «Radioactive», dont la facture est certes un peu atypique, mais dont le fond demeure conventionnel.

Seule femme à s'être vu accorder deux Prix Nobel, Marie Curie (Rosamund Pike, excellente au point de disparaître dans le rôle) fait ici l’objet d’un «biopic» écrit par Jack Thorne («Les aéronautes») d’après le roman graphique de Lauren Redniss. Présenté sous forme de «flash-back», la scène d’ouverture montre Marie Curie sur la civière d’un hôpital.

«Radioactive» est un incessant voyage dans le temps. Car, outre la vie de la scientifique qui a découvert, avec son mari Pierre (Sam Riley), le radium et le polonium, et qui a créé le mot «radioactive», le long métrage effectue de rapides incursions dans l’avenir – Hiroshima, Nagasaki, les traitements contre le cancer, etc. – afin de montrer les applications pratiques, tant positives que négatives, des découvertes du couple. C’est là que le bât blesse. En voulant trop insister sur l’importance du travail des Curie depuis un siècle, le scénario perd de son mordant en ce qui a trait à Marie.

La vie de cette dernière est, somme toute, ordinaire. Elle rencontre Pierre, avec qui elle partage un laboratoire, en 1893, et l’épouse deux ans plus tard. Ils ont des enfants tout en continuant leur travail, œuvre que Marie poursuivra seule après la mort de son mari. Les seuls moments passionnants, dans lesquels on retrouve la flamme qui anime Rosamund Pike dans le très bon «Private War» lorqu’elle incarne la reporter de guerre Marie Colvin, sont les scènes dans lesquelles Marie Curie doit s’imposer face à l’«establishment» scientifique – et donc entièrement masculin – de l’époque. Elle ne s’excuse jamais d’être qui elle est et ne fait aucun compromis.

«Radioactive» ne se penche jamais sur l’enfance de Marie Curie, ce qui aurait permis de comprendre la femme, l’humain, derrière la scientifique de renom. Aussi intéressantes soient-elles, les scènes de vie conjugale et parentale (Anya Taylor-Joy incarne Irène Curie qui, elle aussi, partagera un Prix Nobel avec son mari) ne suffisent pas au spectateur qui aurait aimé être transporté par cette femme hors du commun.

Note: 3 sur 5