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«La Voix» : les grands honneurs aux Chants de bataille!

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

Courtoisie OSA IMAGES et TVA

Les jeux sont faits : au terme des Chants de bataille (enregistrés avant le confinement), que TVA diffusait dimanche, on sait maintenant que Michaela Cahill (équipe Marc Dupré), Tom-Éliot Girard (équipe Cœur de pirate), Karolane Brisson (équipe Garou) et Malia (équipe Pierre Lapointe) poursuivent l’aventure «La Voix» et accéderont aux Directs la semaine prochaine.

Portraits des quatre vainqueurs

Michaela Cahill : grâce à son père

Courtoisie OSA IMAGES et TVA

, qui a triomphé au sein de l’équipe de Marc Dupré en remportant les Chants de bataille, dimanche, avec la chanson «The Joke», de Brandi Carlile, est passée à un cheveu de ne jamais participer à «La Voix» cette année. C’est son père qui l’a obligée à se présenter aux préauditions, en lui annonçant qu’il lui avait réservé une chambre d’hôtel et qu’il garderait ses deux filles (Mika, 7 ans, et Avery, 3 ans) et son chien pendant son absence. Avec le résultat heureux qu’on connaît.

«Avec des enfants, ce n’est pas toujours facile. Je m’inquiétais beaucoup pour mes enfants, je me demandais ce qui arriverait avec elles si j’allais plus loin. Ça ne m’a pas découragée, mais je ne voyais pas comment je pouvais y aller. Mon père m’a beaucoup forcée. Il m’a dit que je n’avais rien à payer, et d’en profiter. C’était aussi la première fois que j’avais la chance d’explorer Montréal», explique la résidente de Fort-Coulonge, en Outaouais, qui est devenue maman à 18 ans.

Justement, Michaela se fait un devoir d’enseigner à ses fillettes qu’il est primordial de suivre ses rêves.

«Peu importe le chemin qu’on prend, on peut tout lâcher pour suivre nos rêves. C’est tellement important pour le moral, pour tout. Surtout quand on est bon(ne) dans quelque chose», insiste la chanteuse, qui se dit complètement extatique d’avoir pu travailler avec Ginette Reno, et qui considère Marc Dupré comme «le meilleur coach».

«Il est juste vraiment bon, il est là pour nous, et ça paraît», révèle Michaela.

Tom-Éliot Girard : une décharge d’émotions

Tom-Éliot Girard, 20 ans, n’avait encore jamais entendu la chanson «J’ai demandé à la lune», d’Indochine, qu’il a défendue aux Chants de bataille, quand sa coach, Cœur de pirate, lui a attribué l’air en question. Il a été immédiatement conquis en l’écoutant pour la première fois.

«Je me suis mis à pleurer, raconte Tom-Éliot. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai tout de suite senti une connexion. La chanson est vraiment venue me chercher, dans le texte et la mélodie, à des endroits où je ne m’y serais pas attendu.»

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Qui plus est, le jeune artiste a eu l’occasion de répéter sa pièce avec l’une des plus grandes, la super coach Ginette Reno, devant qui il a fondu d’émotion.

«J’étais un peu dans une bulle, avoue Tom-Éliot au sujet de sa rencontre avec Ginette. Je ne réalisais pas ce qui se passait, sur le moment. Quand on me raconte, je ne me souviens même plus comment j’ai réagi. Déjà, c’était énorme d’avoir été volé par Cœur (de pirate, qui l’a repêché aux Duels après que Garou l’eut éliminé de son équipe, NDLR). Et d’apprendre que c’est Ginette qui allait nous coacher, je ne savais plus comment réagir. J’avais hâte! J’ai essayé de prendre le plus de conseils possible, et de les absorber, parce que, ce qu’on a reçu là, c’est un cadeau. D’être assis au piano avec Ginette qui te regarde, d’apprendre et de grandir avec elle, c’était un moment assez irréel. Ça arrive une fois dans une vie.»

Pendant le confinement, Tom-Éliot a songé aux projets qu’il aimerait créer après «La Voix», qu’il remporte la compétition ou pas.

«La musique m’interpelle de plus en plus, et "La Voix" me l’a fait réaliser. Je veux écrire le plus possible pour développer mon côté créatif, et j’aimerais écrire avec d’autres artistes aussi», glisse celui qui veut aussi continuer d’être comédien à long terme.

Karolane Brisson : une heureuse deuxième chance

L’heure de la deuxième chance a sonné pour Karolane Brisson. La protégée de Garou avait participé une première fois aux préauditions de «La Voix» lors d’une précédente édition, et avait été retenue pour se présenter aux auditions à l’aveugle.

En famille d’accueil depuis l’enfance et sous le tutorat de la DPJ, Karolane avait toutefois été victime d’un imbroglio administratif et avait raté l’opportunité de vivre l’expérience télévisée. Elle avait alors 18 ans.

Courtoisie OSA IMAGES et TVA

Aujourd’hui, à 23 ans, elle se reprend avec un parcours étincelant. Elle a même chanté en français pour la première fois de sa vie aux Chants de bataille dimanche, en interprétant «L’ombre d’un homme» de Ben l’Oncle Soul, elle qui n’est habituée à se produire qu’en anglais. Son audace lui a d’ailleurs valu des compliments sentis de la super coach, Ginette Reno.

«De ne pas avoir été choisie la première fois m’a permis de m’améliorer par la suite. Je ne serais peut-être pas là où je suis en ce moment. Alors, je crois que c’est une bonne chose...», observe Karolane, qui dit ne se créer aucune attente quant à l’issue de son parcours à «La Voix», à quelques jours des Directs.

«Ç’a toujours été mon rêve de pouvoir me faire découvrir en tant que chanteuse. Je n’ai jamais pris de cours de chant, mais j’ai pratiqué pendant des heures et des heures, tous les soirs, pendant des années, toute seule. Aujourd’hui, je suis à "La Voix", et je suis quand même rendue en quart de finale. C’est un gros exploit pour moi», ajoute fièrement la jeune femme.

Celle-ci a de surcroît d’autres raisons de vouloir se dépasser, puisque deux personnes très proches d’elle sont malades actuellement. Sa maman d’accueil, Nany, est aux prises avec un cancer, et sa cousine Prescilia est atteinte d’un mal s’apparentant à un cancer du cerveau.

«Elle ne peut plus marcher ni manger, précise Karolane. Et je veux lui prouver que, quand on s’accroche, ça peut valoir la peine!»

Malia célèbre la différence

La différence, Malia l’incarne, l’assume et la célèbre. Née d’un père malien et d’une mère québécoise, homosexuelle, devenue mère à 16 ans et oeuvrant dans le milieu de la construction comme charpentière-menuisière, la candidate affirme en riant être «non conventionnelle», et s’en réjouit pleinement.

Courtoisie OSA IMAGES et TVA

«J’en suis fière. Je ne veux pas arriver quelque part en hurlant que je suis différente, mais je veux être moi-même. Quand j’étais jeune, j’ai déjà voulu plaire, parce que ma façon d’être choquait les gens. Et, à un moment donné, je me suis demandé c’était la vie de qui. J’aime ce que j’aime, je trouve important de s’assumer dans la vie, et ce n’est pas grave si les gens ne comprennent pas tout. Ça ne me dérange pas de ne pas être ce que les gens sont habitués de voir. En me parlant, ils réalisent que je suis remplie d’amour», détaille celle dont le fils a aujourd’hui 12 ans, qui fêtera ses 30 ans en novembre et qui s'est séparée de sa copine pendant le confinement.

À «La Voix», Malia n’espère pas nécessairement arracher les grands honneurs. Elle souhaite plutôt profiter de l’expérience pour peaufiner ses aptitudes. Elle décrit sa collaboration avec son coach, Pierre Lapointe, comme un «cadeau».

«Il est tellement spécial et attachant. Je suis vraiment contente de l’avoir rencontré», dit-elle au sujet de ce dernier.

Les commentaires de Ginette Reno sur sa prestation au son de «Thinking Bout You», de Frank Ocean, ont également aidé Malia à progresser pendant l’étape des Chants de bataille.

«Ma posture, le fait d’être assumée, de tasser le micro de mon visage, ce sont des éléments que je ne prenais pas trop en considération, et je me suis dit qu’elle n’avait peut-être pas tort, la madame», badine Malia, qui a ainsi un peu renié ses racines hip-hop sur les conseils de Ginette.