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Partie interrompue par un diagnostic positif à la COVID

Nora T. Lamontagne | Journal de Montréal

Les Cavaliers de Sainte-Sophie (en bleu) aveient reçu le FC Révolution (en noir) qui regroupe plusieurs villes des Basses-Laurentides le 5 septembre dernier sur le même terrain du parc Roland-Guindon pour une autre rencontre.

Photo courtoisie

Les Cavaliers de Sainte-Sophie (en bleu) aveient reçu le FC Révolution (en noir) qui regroupe plusieurs villes des Basses-Laurentides le 5 septembre dernier sur le même terrain du parc Roland-Guindon pour une autre rencontre.

Des parents peinent à croire qu’une joueuse a disputé un match de soccer amateur hier, alors qu’elle était en attente d’un résultat de dépistage de la COVID-19 qui s’est révélé positif à la mi-temps.

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La fillette qui évolue avec les Cavaliers de Sainte-Sophie s’était fait tester à la demande de la Santé publique après qu’un cas eut été déclaré à l’école du Grand-Héron, de la même municipalité, jeudi dernier. 

« Ce n’est pas une enfant qui avait des symptômes. Elle n’a pas eu la consigne de rester isolée à la maison parce qu’elle était jugée à risque faible », précise Myriam Sabourin, porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides.

Hier, au milieu de la rencontre de catégorie U9 contre le Révolution FC qui regroupe plusieurs villes des Basses-Laurentides dont Boisbriand et Saint-Eustache, les parents de la jeune fille ont appris son diagnostic positif. La rencontre a été stoppée immédiatement.

Alors que la Santé publique martèle l’importance de rester chez soi après avoir passé un test de dépistage, deux mères et le président de l’Association des microbiologistes du Québec, Christian L. Jacob, restent perplexes devant cette directive.

« Je trouve ça un peu étrange. Si on évalue que ça vaut la peine de lui faire passer un test, il aurait également fallu l’isoler une ou deux journées, le temps de recevoir le résultat », dit M. Jacob. 

Bouche bée

« C’est illogique et contradictoire. J’ai hâte de recevoir l’appel de la Santé publique pour poser des questions », dit Geneviève Gagnon, dont la fille de 9 ans a été en contact avec la joueuse infectée de l’équipe adverse pendant le match. 

Sa famille a grandement limité ses activités depuis le début de la pandémie et même le soccer représentait un compromis à ses yeux. 

« Je l’ai laissée jouer pour qu’elle ait un semblant de vie normale », admet celle qui aurait préféré un meilleur dénouement pour le dernier match de saison de sa fille.

Pour sa part, Vicky Leboeuf, mère d’une autre joueuse du Révolution FC, a d’abord pensé que les parents de la petite avaient agi de manière irresponsable, avant de se raviser en apprenant qu’ils avaient suivi les consignes. 

« Ils se sont fait mal diriger », estime-t-elle. 

Risques limités

Quant aux risques réels de contracter le virus lors d’un match de soccer extérieur, le microbiologiste Marc Hamilton se fait rassurant. 

« Je ne dis pas qu’il n’y a pas de risque, mais les probabilités [de l’attraper] sont plus grandes à l’intérieur qu’à l’extérieur. »


♦ Hier, 427 cas — dont 23 dans les Laurentides — et 5 décès sont venus s’ajouter au bilan québécois pour un total de 67 080 cas et de 5797 décès. Il faut remonter à la fin mai pour retrouver un nombre de nouveaux cas quotidiens aussi élevé.