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Un album né en confinement

Raphaël Gendron-Martin | Journal de Montréal

Quand Patrick Groulx a vu toutes ses dates de spectacles reportées, le printemps dernier, en raison de la COVID-19, l’humoriste s’est demandé ce qu’il pouvait faire. C’est là qu’est arrivée l’idée de concevoir un troisième album avec le projet Pat Groulx et les Bas Blancs. Le Journal s’est entretenu avec lui.  

Patrick Groulx devait avoir une année 2020 passablement chargée. Son quatrième spectacle solo, simplement intitulé GROULX, était lancé depuis un an et il avait plusieurs dates complètes au calendrier.

« On était parti sur une stratégie de bouche à oreille, dit l’humoriste de 46 ans. Ma tournée partait solide ! »

Ses spectacles ont pour la plupart été reportés à l’an prochain. Parce qu’il commençait à s’ennuyer de la scène, cet été, Patrick Groulx a participé à quatre soirées du Projet parallèle, organisées par son agence, le Groupe Phaneuf.

« J’ai joué devant 50 personnes dispersées. C’était une autre affaire ! C’est là que je me suis rendu compte jusqu’à quel point notre métier dépend complètement du public. »

Dans ma tête 

Côté télé, l’humoriste a aussi dû mettre sur la glace son projet d’exportation de l’émission Dans ma tête, qui intéresse le marché européen.

« J’étais supposé partir en France en mars, dit-il. On était à régler les dernières affaires. Mais c’est un show où t’as besoin du public. Et on mélange ça avec de la fiction. Ce sont deux affaires qui n’étaient pas COVID du tout (rires) ! J’étais dans un beau processus d’exportation du concept. Il y avait aussi de l’intérêt du côté de l’Allemagne. Je vais devoir attendre. »

Parce qu’il se retrouvait tout à coup avec beaucoup de temps devant lui, Patrick Groulx a décidé de recommencer à gratter la guitare.

À la fin mars, il a partagé sur ses réseaux sociaux une pièce qu’il venait d’écrire : Petite chanson de confinement. Le morceau a connu un succès inattendu. 

« J’ai lancé ça bien naïvement et on a dépassé le million de visionnements, dit-il. Les gens ont commencé à se la partager. C’est là que je me suis rendu compte que la musique, c’est fort en tabarouette. »

Photo courtoisie

L’humoriste s’est ensuite rappelé qu’il avait commencé l’écriture d’une autre pièce quelques années plus tôt, Besoin de rien. « Ça n’avait aucun rapport avec le confinement, mais ça prenait tout son sens, dit-il. Ça parle de liberté. »

Donner de l’espoir 

Parce qu’il est encore régulièrement en contact avec les musiciens des Bas Blancs, Sébastien Daigle et Grégoire Painchaud, avec qui il a sorti des albums en 2006 et 2009, Patrick Groulx leur a demandé s’ils voulaient faire un troisième disque.

Le voici donc qui arrive avec un album de huit morceaux conçus durant la pandémie. « C’est complètement né en confinement. Je n’ai même pas vu une fois les gars ! » dit-il à propos de ses comparses musiciens. 

Sur l’album Besoin de rien, on retrouve la pièce Tout le monde dehors, qui évoque le déconfinement. « Ça faisait deux mois qu’on était confinés, quand je l’ai écrite, et ça me faisait du bien de donner un peu d’espoir et de penser que la chanson sortirait quand on serait déconfinés. C’est une chanson country bluegrass joyeuse. C’est la première fois que j’utilise le mot “gambader” dans une chanson et ça me fait rire ! »

Plus sérieuse, la chanson Les cascades parle quant à elle d’une séparation. « Évidemment, je me base sur ce que j’ai vécu, mentionne l’humoriste. On parle souvent des échecs dans les séparations. Mais moi, j’ai bien réussi la mienne. Je suis encore très proche de la mère de mes enfants. J’avais envie d’écrire une toune là-dessus. »


Le troisième album de Pat Groulx et les Bas Blancs, Besoin de rien, est sur le marché.