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Attention aux collations sucrées dans les boîtes à lunch

Gabrielle Morin-Lefebvre | Agence QMI

Barres céréale et chocolat fait maison

Anne DEL SOCORRO - stock.adobe.com

Des collations sucrées et peu nutritives pourraient se glisser dans les boîtes à lunch des enfants si les parents ne sont pas vigilants en épicerie, a prévenu la Coalition québécoise sur la problématique du poids.

Avec les nouvelles règles sanitaires, il peut être moins tentant qu’avant de prendre son temps dans les rayons des magasins et de manipuler divers emballages pour lire les listes d’ingrédients.

Pourtant ces vérifications sont parfois de la seule façon de s’assurer qu’un produit est bon pour la santé. «On va vers des options qui facilitent notre quotidien et souvent la collation transformée que nous propose l’industrie, son marketing va proposer quelque chose qui semble sain, mais qui dans les faits ne l’est pas», a indiqué Corinne Voyer, directrice de la Coalition.

La nutritionniste et conférencière Julie DesGroseilliers conseille de planifier ses achats à l’avance si on veut limiter le temps passé en magasin.

«Oui, il n’y a personne qui veut passer trois heures à l’épicerie, mais ce n’est pas parce qu’on est en période de COVID-19 qu’on doit faire l’épicerie les yeux fermés», a nuancé l’auteure d’un guide d’achat portant sur les stratégies de marketing alimentaire.

Vérifier les ingrédients

Selon les deux intervenantes, la seule manière de s’informer sur la qualité d’une collation est de lire les ingrédients énumérés en ordre d’importance sur le dos de l’emballage.

«Quand le sucre est comme premier ou deuxième ingrédient, peut-être que la [bonne valeur nutritive] de ce produit n’est pas au rendez-vous», souligne Mme Voyer.

Stratégies marketing

Une autre façon d’être vigilant en magasinant est d’être conscient du marketing alimentaire. Des étalages colorés à thématique de rentrée scolaire peuvent attirer l’œil de petits et grands, tout comme les illustrations de personnages appréciés des enfants sur les emballages.

«Avant, la filière marketing n’était pas aussi développée, il n’y avait pas d’autobus scolaires remplis de biscuits [comme présentoirs]», explique Mme Voyer.

«Les collations les plus gagnantes c’est celles que vous n’allez pas voir quand vous aller au supermarché. C’est celles qui vont être sur les tablettes du haut ou les tablettes du bas (...)», donne comme règle générale Mme DesGroseillers.

Étiquetage simplifié

La Coalition Poids espère que Santé Canada accélère son projet d’étiquetage simplifié, une initiative qui avait été proposée dans le cadre de la réforme du Guide alimentaire canadien, mais mise de côté en raison de la COVID-19.

«Au-delà de 15 % de sucre, sel, gras, on aurait un logo qui permettrait de vite attirer l’attention du consommateur, comme un avertissement», explique Mme Voyer.

Pas compliquée, la collation santé

Trouver une collation santé n’est pas si compliqué: on choisit simplement un fruit, un légume ou un produit céréalier non sucré, donne en exemple la nutritionniste Julie DesGroseillers.

Ça ne veut pas dire que la collation sera ennuyante.

«On peut prendre des bâtonnets de céleri et les tartiner avec du beurre de soya, choisir des tomates cerises de couleur, on peut mettre des haricots verts qui se mangent comme des frites», énumère-t-elle.

Les pois chiches rôtis, les bâtonnets de navets et les graines de tournesols ou de citrouilles peuvent également être intéressants, tout comme du yogourt nature.

Un smoothie à base de lait, de yogourt et de fruits congelés peut également très bien remplacer un yogourt à boire trop sucré, dit-elle.

«Ça peut être juste des fruits congelés décongelés au micro-ondes. C’est bon, ça fait un coulis sucré, lance Mme DesGroseillers. On peut mettre du granola dessus pour faire du croquant, ça fait une super collation.»