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Ce n’est pas la quantité de malades que craignent les blocs opératoires

TVA Nouvelles

Les Québécois dans l’attente d’une chirurgie ont pour l’instant moins de souci à se faire en ce début de deuxième vague de transmission de la COVID-19 que lors de la première vague.

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D’après l’Association des anesthésiologistes de Québec (AAQ), les hôpitaux ne sont pas encore rendus à reporter les chirurgies, même si la Santé publique rapportait lundi 586 nouveaux cas de coronavirus dans la province et 10 nouvelles hospitalisations, pour un total de 148 patients en charge au Québec. 

Les établissements de santé ont, cette fois, tout l’équipement nécessaire pour continuer les opérations et un nombre de lits suffisant pour accueillir les patients.

«C’est préoccupant mais, contrairement à la première vague, on s’est préparé, a commenté le président de l’AAQ, Dr Bryan Houde, en entrevue sur les ondes de LCN. On sait qu’on a des médicaments en réserve pour faire les chirurgies, alors que ça avait été un enjeu au départ et dans le courant de la première vague. On a de l’équipement pour se protéger, protéger le personnel et les patients aussi. On a des lits.»

Des mesures supplémentaires ont été prises en connaissance de cause.

«Maintenant, tous nos patients sont testés avant de venir au bloc opératoire, ce qui permet de garder certaines zones vertes où les chirurgies peuvent se dérouler comme auparavant, a assuré l'anesthésiste, en fonction à l'Hôpital Pierre-Boucher de Longueuil. On a des endroits dédiés du bloc opératoire où les patients dont on n’est pas certain du statut quant à la COVID-19 sont dirigés sans affecter le reste de nos activités.»

Des résidences pour aînées situées près des hôpitaux sont aussi exploitées : des lits supplémentaires ont été «réservés» pour exercer une «certaine surveillance médicale» des patients qui ne nécessitent pas de chirurgie, histoire de «garder la place pour les patients qui ont besoin d’être opérés», ajoute le président de l’AAQ.

Manque de bras

Non, pour le moment, ce n’est pas la COVID-19 elle-même qui menace les délais d’attente pour une chirurgie, mais bien la pénurie de personnel, déjà déplorée avant la pandémie, maintenant empirée par les efforts soutenus du personnel soignant pendant les mois les plus difficiles de la crises et les mesures sanitaires à prendre en cas d’infection.

«Ce qui m’inquiète le plus, c’est au niveau du personnel, mentionne Dr Houde. Dans la majorité des blocs opératoires, on est à 80%, 90% du taux de fonctionnement, mais on a un nombre juste d'infirmières et d'inhalothérapeutes. On n’a pas de jeu. Si les enfants de certaines d’entre elles sont malades et qu’elles doivent rester à la maison, c’est certain que ça va affecter les services des blocs opératoires.»

Ainsi, idéalement, il faudrait que les chiffres de propagation du nouveau coronavirus retournent à la baisse plus tôt que tard pour favoriser le retour à la normale dans les blocs opératoires.

« Si ça continue comme ça, il y a quand même un certain moment où on va atteindre un niveau de saturation dans les centres hospitaliers, admet Dr Houde. Quand ça se produira, on ne sera plus capable de faire les chirurgies qui seront nécessaires et il va s’accumuler, au fil du temps, de nouveaux retards pour les patients en attente. Ça, c’est excessivement malheureux.»

La semaine dernière, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) qualifiait de «mission impossible» la reprise des 92 000 chirurgies reportées par la première vague de COVID-19, en raison de la pénurie de personnel soignant et de la hausse de personnes infectées par le coronavirus.