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Des enseignants du cégep sont à bout de souffle

Roxane Trudel | Le Journal de Montréal

Pendant que les besoins en encadrement explosent, les professeurs au niveau collégial ont moins de temps et d’énergie pour s’occuper de leurs étudiants à cause de l’alourdissement de leurs tâches, alerte un regroupement d’enseignants.

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« Les profs se sentent déjà à bout de souffle et on est à la mi-septembre seulement », se désole Yves de Repentigny, vice-président et responsable du regroupement cégep de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ).

Ils ont déjà pour la plupart eu à adapter leurs cours pour les donner à distance - ou encore par petits groupes, plusieurs fois, en présentiel -, et plusieurs se sont retrouvés avec des groupes plus nombreux à cause de la grande capacité des classes en ligne.

Rassurer les jeunes

Or, en dépit des heures de corrections supplémentaires, les enseignants doivent répondre à plusieurs courriels, souvent pour rassurer leurs étudiants inquiets et anxieux.

« Les premières semaines, c’était 35-40 [courriels] par jour. Juste les ouvrir, prendre connaissance du message et répondre, même si ce n’est pas quelque chose de compliqué, c’est une heure ou deux qui passent. Pendant ce temps-là, la correction et la préparation de cours ne se font pas », explique Éric Kirouac, prof au département de psychologie au cégep Garneau, à Québec.

La FNEEQ croit qu’il faudrait diminuer la taille des groupes ou encore affecter des profs en situation précaire à l’encadrement des jeunes, pour permettre aux enseignants de respirer.

« Les conditions d’enseignement vont avec les conditions d’apprentissage », poursuit M. de Repentigny.

Ils s’endorment devant l’ordi

Enseignante depuis plus de 20 ans, Geneviève Moreau a quant à elle préféré offrir ses cours seulement à distance pour éviter de soumettre ses étudiants à de nouveaux changements si un reconfinement devait avoir lieu.

Bien que ces cours soient plus pratiques dans le contexte, la professeure de biologie au cégep du Vieux Montréal s’ennuie de ses cours en classe.

Si elle fait des pieds et des mains devant son ordinateur portable pour garder la concentration de ses étudiants, ces derniers sont très peu réactifs pendant les cours derrière leur caméra éteinte et leur micro fermé.

« Ça draine énormément de jus d’enseigner à un portable. [...] La réactivité et le dynamisme ne sont pas vraiment là. Ce n’est pas motivant, explique-t-elle. Il y a des étudiants qui s’endorment devant leur ordinateur parce qu’ils ont des cours de 8 à 18 h. »

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