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Grève des éducatrices : Lacombe condamne les «attaques personnelles» à son endroit

Vincent Larin | Agence QMI

Accusé de mener une «guerre idéologique contre l'avancement économique des femmes» par les éducatrices en milieu familial en grève, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a rejeté cette critique qu’il qualifie de «ridicule» et «farfelue».

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«Que ce soit un groupe d’hommes, un groupe d’électriciens, de cuisiniers, de couturière ou d’éducatrices, peu importe, les gens qui vont se présenter et qui vont demander une augmentation de salaire de 35 % vont se faire dire que ce n’est pas raisonnable», a résumé le député de Papineau, en entrevue avec l’Agence QMI lundi.

Plus tôt en journée, quelque 10 000 éducatrices en milieu familial ont entamé une grève illimitée devant l'impasse des négociations entourant le renouvellement de leur convention collective.

Leur syndicat, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, demande au gouvernement une augmentation salariale équivalant à 16,75 $ de l’heure et qualifie d’«irrespectueuse» et de «dégradante» l’offre actuelle de 12,83 $ de l'heure.

«Avec le refus du gouvernement de créer davantage de places en milieu familial pour répondre à la pénurie, la CSQ et la FIPEQ-CSQ joignent leurs voix pour dénoncer ces multiples attaques frontales qui, en finalité, empêchent les femmes de participer activement à la relance économique», a-t-on fait savoir par communiqué.

Selon Mathieu Lacombe, le syndicat gagnerait même à demander à ses membres de cesser les attaques personnelles sur les réseaux sociaux dont même sa femme a été victime.

«Moi je suis un jeune ministre, un jeune papa, bien de ma génération qui croit fortement à l’égalité entre les hommes et les femmes, je crois qu’on doit se battre tous les jours pour réduire les inégalités quand il y en a parce qu’il en reste encore», affirme-t-il. Selon lui, «la FIPEQ devrait aussi demander à ses membres d’être respectueux».

Les deux parties se retrouveront devant un médiateur mardi matin et le ministre espère un dénouement positif. «Mais pour ça il faut que tout le monde mette de l’eau dans son vin», ajoute-t-il.

Le syndicat a toutefois indiqué lundi qu’il juge cette mesure insuffisante, car elle ne permettra pas de régler le litige rapidement. Il préférait le recours à un arbitre qui aurait le pouvoir de trancher.

La question du salaire des éducatrices en milieu familial est au centre du conflit. Payées avec une subvention basée par jour d’occupation, les éducatrices disent dans les faits gagner 12,42 $ de l’heure en tenant compte de toutes leurs obligations, soit moins que le salaire minimum qui a été augmenté à 13,10 $ l’heure en mai dernier. Le syndicat demande une augmentation équivalant à 16,75 $ l’heure.