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Les Villes reconstituées craignent une hausse des quotes-parts au-delà de l’inflation

Elsa Iskander | 24 Heures

Un mur de graffitis à Dollard-des-Ormeaux

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/AGENCE QMI

Un mur de graffitis à Dollard-des-Ormeaux

L’Association des municipalités de banlieues, qui représente les villes reconstituées sur l’île de Montréal, craint une hausse des quotes-parts plus élevée que l’inflation en 2021.

Les quotes-parts payées par Montréal et les 14 villes liées servent à financer les dépenses d’agglomération.

Le 11 septembre dernier, la Commission sur les finances et l’administration a formulé 17 recommandations à la Ville de Montréal dans le cadre des consultations prébudgétaires. Le parti d’opposition Ensemble Montréal, ainsi que l’Association des municipalités de banlieues (AMB) qui représente les villes reconstituées, ont déposé des rapports minoritaires.

«De manière très cavalière, la recommandation assurant que les quotes-parts des villes liées n’allaient pas croître au-delà de l’inflation a été supprimée à la toute fin des pourparlers par les représentants de la majorité, un geste qui est accueilli comme une véritable gifle à l’égard des villes liées», affirme le rapport de l’AMB.

«Pour nous, il s’agit d’une rebuffade inacceptable qui laisse présager, malheureusement, que ce sont les villes liées, par le biais de leurs quotes-parts, qui devront assumer injustement les hausses budgétaires en 2021», peut-on lire.

Georges Bourelle, maire de Beaconsfield, et Alex Bottausci, maire de Dollard-des-Ormeaux, représentent les villes liées au sein de la Commission des finances. Projet Montréal, le parti de la mairesse Valérie Plante, est majoritaire avec sept membres. Deux membres sont issus d’Ensemble Montréal et le président provient de l’Équipe Barbe.

Indépendance 

Par ailleurs, l’AMB remet en question l’indépendance de la Commission sur les finances, soutenant qu’elle est «à la solde du cabinet de la mairesse et du comité exécutif» de la Ville de Montréal.

Selon les représentants des villes liées, «le travail de cette commission, dans sa finalité, sert davantage à faire passer les orientations politiques de la majorité plutôt que de laisser aux membres de la commission le soin de travailler et de réfléchir en toute indépendance et en toute liberté».

«Cette affirmation dans le mémoire des villes liées m’apparaît exagérée et, à mon humble avis, ne reflète pas la réalité», a commenté Richard Deschamps, président de la Commission, ajoutant que cette dernière est «complètement indépendante de l‘administration». Et, «ce n’est pas parce que certaines résolutions proposées par certains membres ne sont pas retenues dans le consensus qu’il faut arriver à la conclusion des villes liées», a-t-il dit.

 Au cabinet de la mairesse Valérie Plante, on défend aussi l’indépendance des travaux menés par les commissions et des élus y siégeant. «Politiser ce rapport est contre-productif et contraire aux objectifs de la démarche», dit-on, en référence au rapport de la Commission sur les finances faisant suite aux consultations prébudgétaires.