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Pas plus de 20 coups de bâton «par principe»

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

Le pasteur de l’Église biblique baptiste métropolitaine sud Mario Monette et son épouse, Carole Van Houtte, au palais de justice de Longueuil, jeudi dernier, lors de leurs représentations sur sentence.

Photo Chantal Poirier

Le pasteur de l’Église biblique baptiste métropolitaine sud Mario Monette et son épouse, Carole Van Houtte, au palais de justice de Longueuil, jeudi dernier, lors de leurs représentations sur sentence.

Un pasteur de la Rive-Sud a reconnu avoir « manqué de discernement » en battant ses enfants avec son épouse et il soutient qu’il n’aurait pas donné de corrections de plus de 20 coups, « par principe ».

« J’ai aucun souvenir d’être allé plus loin que 20 [coups de bâton de bois], a affirmé le pasteur Mario Monette. Par principe, j’aurais pas dépassé 20 [coups]. »

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L’homme de 66 ans et sa conjointe, Carole Van Houtte, ont coupé court aux procédures en plaidant coupables à des accusations de voies de fait armées sur leurs huit enfants, de séquestration et de menaces de mort ou de causer des lésions, prétendant qu’il s’agissait d’une méthode éducative. Les gestes ont eu lieu dans les années 80 jusqu’en 2004.

Dans le cadre des représentations sur leur sentence, trois des enfants du couple, aujourd’hui adultes, sont allés témoigner des sévices qu’ils ont vécus aux mains de leurs parents. 

Ils ont notamment affirmé avoir reçu de nombreuses « volées » pouvant aller jusqu’à 30 à 40 coups de bâtons de bois. Dans des cas extrêmes, les châtiments ont été de 80 et même 100 coups.

Mario Monette a toutefois offert une version contradictoire aux témoignages qu’ont livrés ses enfants la semaine dernière.

« Ce sera à monsieur le juge d’évaluer la crédibilité du témoin, il vient contredire en tous points ce que les [enfants] ont décrit », a souligné devant le tribunal la procureure de la Couronne au dossier, Me Julie Laborde.

« Standards d’aujourd’hui »

Le pasteur a reconnu avoir « manqué de discernement » dans ses corrections et avoir plaidé coupable parce qu’elles ne correspondent pas aux « standards d’aujourd’hui ».

« Je reconnais qu’il y a eu des choses inadéquates, je le regrette. C’est pour ça que j’ai plaidé coupable. Ça ne me rend pas heureux de voir que notre famille a éclaté, on aime nos enfants », a affirmé Mario Monette. 

Dans son long témoignage, le pasteur a parlé de son enfance, où il a lui-même été corrigé violemment par sa mère, parfois sans en connaître les motifs.

Lorsqu’il a instauré un système de correction « avec des paramètres », il trouvait donc important de spécifier à ses enfants la raison pour laquelle il le faisait.

« Je ne voulais pas faire comme ma mère, a-t-il affirmé. Il n’y a pas de livre du parent parfait, et je n’ai pas été un parent parfait. [...] Je n’aime pas les résultats que ça a produits. Je n’ai pas planifié : “OK, moi, faut que je garde mes enfants dans la terreur”. »


Le contre-interrogatoire de Mario Monette se poursuit mardi.