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Un ostéopathe accusé par trois patientes

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Laurent Bègue

Photo Pierre-Paul Poulin

C’est par solidarité pour les autres victimes qu’une femme a décidé de porter plainte elle aussi contre un ostéopathe montréalais qui l’aurait agressée sexuellement, a-t-elle expliqué mardi à l’ouverture du procès de l’accusé.

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« Ça faisait un an quand j’ai lu [un an plus tard] dans Le Journal de Montréal que d’autres filles auraient été victimes... Il fallait que je fasse de quoi, on doit s’aider les unes les autres », a expliqué une victime présumée de Laurent Bègue, mardi au palais de justice de Montréal.

La femme dans la vingtaine, que l’on ne peut identifier sur ordre du tribunal, est la première des trois ayant porté plainte contre Bègue. 

L’ostéopathe de 38 ans fait face à trois accusations d’agressions sexuelles qu’il aurait commises en 2017.

Lors de son témoignage, la femme a expliqué avoir été mise en contact avec Bègue via son conjoint. Une première séance s’était déroulée de façon professionnelle, tout comme le début de la deuxième. 

C’est à ce moment que la séance aurait tourné au vinaigre.

« Sa main a dérapé sur mon sein, il a effleuré plusieurs fois mon téton, il a passé ses mains sous ma brassière, a expliqué la plaignante avec un trémolo dans la voix. Je me sentais perturbée, tétanisée, je me demandais si j’avais rêvé. »

Doute

Par la suite, la femme a expliqué avoir remarqué un « regard pervers » dans les yeux de Bègue. Mais comme elle se sentait « un peu perdue », elle n’a rien fait, même si elle se doutait que quelque chose ne tournait pas rond.

Mais quelques jours plus tard, l’ostéopathe lui a envoyé un courriel en se disant « désolé » et qu’il souhaitait parler « de vive voix de l’incident et présenter des excuses ». C’est à ce moment que la femme a pleinement réalisé qu’elle était une victime.

Malgré cela, la femme n’a pas porté plainte à la police, jusqu’à ce qu’elle réalise qu’elle n’était pas seule.

« Dans l’article, ça invitait d’autres victimes potentielles à témoigner, a-t-elle dit. Pour moi, c’était important de le faire, pour que ce genre de pratique ne se répète pas. »

Le procès, devant le juge Dennis Galiatsatos, est prévu pour une durée de trois jours.