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Des chauffeurs d'autobus scolaire craignent d’être contaminés par des élèves

Agence QMI | Guillaume Cyr

Joël Lemay / Agence QMI

Des chauffeurs d’autobus scolaires craignent d’être contaminés par la COVID-19 en transportant des élèves infectés sans le savoir, d’autant plus que la moyenne d’âge de ces travailleurs est assez élevée.

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Des cas de COVID-19 ont été détectés dans des centaines d'écoles depuis la rentrée. Les élèves et les enseignants qui ont été en contact avec les jeunes infectés en ont été informés par la santé publique, devant alors se faire tester et se mettre en isolement.

Malgré cela, aucune information n’a été transmise aux conducteurs d’autobus et de berlines scolaires qui ont transporté ces élèves. Ils l'ignorent donc tous pour la plupart, a indiqué mercredi, dans un communiqué, la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN).

Devant cette incertitude, l’inquiétude gagne certains chauffeurs.

«C’est plus difficile de garder la distance. Avant, il y avait les deux premiers bancs de libres», a expliqué mercredi Carole Laplante, présidente du syndicat Autobus Transco Montréal qui représente 380 travailleurs.

La femme 57 ans est bien placée pour le savoir: elle conduit elle-même des élèves de la maternelle à la sixième année dans le secteur de Pointe-Saint-Charles.

Il n’est pas toujours facile pour un chauffeur occupé à conduire de faire respecter les consignes sanitaires dans les autobus, surtout lorsque certains jeunes n’ont pas à porter le masque et d’autres oui, tout dépendant de leur âge.

«Par bouts, c’est difficile. Certains sont un peu plus turbulents que d’autres», a dit Mme Laplante à propos des élèves.

Moyenne d’âge

Selon Mme Laplante, les conducteurs d’autobus sont plus à risque de développer des complications liées à la COVID-19, puisque leur moyenne d’âge se situe au-delà de 50 ans. Il n’est pas rare d’avoir des conducteurs en haut de 70 ans, dit-elle.

«On est énervés et inquiets, on s’en aperçoit. On a beau porter le masque et une visière, il y a toujours un certain risque. Parfois, on peut mettre notre main au visage sans faire attention, car nos lunettes vont s'embuer», a indiqué Mme Laflamme.

Elle affirme que certains chauffeurs vont même jusqu’à demander de rester à la maison, par peur de contracter la COVID-19.

Pour le moment, le ministère de l’Éducation demande aux écoles où survient un cas d’en avertir les parents et le personnel de l’établissement, mais pas spécifiquement les transporteurs.

«Les contacts dans l'autobus ne doivent pas être oubliés», a soutenu Stephen P. Gauley, président du secteur du transport scolaire de la FEESP-CSN, en précisant que des élèves de plusieurs classes et parfois de plusieurs écoles utilisent le même autobus dans une même journée.

Le syndicat demande au ministère de modifier ses règles pour exiger que l'information sur les cas de COVID-19 soit transmise aux conducteurs.