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Des obsèques en péril pour les démunis

TVA Nouvelles

Gilles Kègle sillonne les rues de Saint-Roch depuis des décennies et le passage de la région en zone orange a un impact direct sur celui qui est mieux connu sous le nom de l'infirmier de la rue, à Québec.

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Celui qui organise depuis des années les obsèques des plus démunis de la société, ceux dont les corps n'ont pas été réclamés ou dont les proches n'ont pas les moyens, se retrouve coincé au milieu de tous ceux qui veulent assister à la cérémonie vendredi, à l'église St-Roch.

Des funérailles communes pour 36 défunts dans une église qui ne pourra accueillir que 25 personnes est un non-sens selon Gilles Kègle. 

«Habituellement l'église est pleine, on peut accueillir 500 personnes là j'en attendais au moins 250,» raconte-t-il, attristé.

Une situation pénible qu'il tente tant bien que mal de gérer quelques semaines à peine après une opération pour un cancer de la langue qui le laisse avec une certaine difficulté d'élocution. Avec nous, il surmonte sa gêne de s'exprimer en public pour lancer son cri du coeur. Il ne veut pas être celui qui choisit qui peut ou ne peut pas assister aux funérailles. 

«Je ne sais pas ce qui va arriver. La priorité serait que mes bénévoles soient présents. Ce sont eux qui ont pris soin de ces gens. Actuellement, seulement 12 pourraient venir», ajoute Gilles Kègle.

Le diocèse de Québec apporte son appui. 

«On a décidé qu’on allait faire la captation vidéo de ces funérailles et la mettre en ligne sur Internet pour que les familles pour la voir. Elles ne pourront pas être présentes, à moins que le gouvernement d’ici là change d’idée», ce que souhaite le cardinal Gérald Cyprien Lacroix.

Parmi les défunts auxquels Gilles Kègle rendra hommage vendredi, il y aura son propre frère.