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Deux syndicats mettent en demeure la Ville de Québec au sujet du télétravail

Taïeb Moalla | Journal de Québec

Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Les cols blancs et les professionnels de la Ville de Québec ont expédié mercredi matin une mise en demeure dans laquelle ils somment la municipalité de remettre rapidement une centaine d’employés en télétravail. 

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C’est ce que les deux syndicats, qui représentent ensemble plus de 2000 travailleurs municipaux, ont fait savoir mercredi par voie de communiqué de presse. La situation toucherait essentiellement des employés du Service des communications, des travailleurs du «311» et quelques employés administratifs du Service de police.  

Actuellement, les employés au Service des communications doivent être présents au travail au moins trois jours par semaine. Ceux du «311» sont obligés de se présenter au travail «alors qu’ils ont pourtant été munis d’équipements particuliers au début de la pandémie pour pouvoir effectuer leurs opérations en télétravail», déplorent les deux syndicats.  

Selon l’interprétation syndicale, l’obligation faite à ces employés d’être présents dans les locaux de l’employeur contredit le décret gouvernemental 689-2020 qui favoriser le télétravail lorsque la prestation de travail des employés «peut être rendue à distance».

D’après la mise en demeure, la Ville a désormais 24 heures pour réagir. Les syndicats n’excluent pas de déposer un grief si la réponse devait être négative. 

Risque de «tragédie»

«Je serais bien mal à l’aise si on ne faisait rien et qu’il arrive une tragédie dans un secteur. Imagine que, demain matin, il y ait un service de 12 personnes avec 8 personnes malades, dont deux gravement. On aurait l’air fou!», s’est exclamé Michel Plante, président de l’Alliance des professionnels, en entrevue avec le Journal.    

Rappelant que la Capitale-Nationale est désormais classée en zone d’alerte orange et qu’il n’est pas exclu qu’elle passe au rouge, M. Plante a regretté «une contradiction» entre les propos alarmistes du maire et les décisions de la Ville au sujet de la présence au bureau. «Les bottines ne suivent pas les babines», a-t-il déploré.  

Appelé à commenter, David O’Brien, porte-parole de la Ville, a indiqué que «compte tenu de la mise en demeure, la Ville réserve ses commentaires». 

«Slacker un peu»  

Le 8 septembre, au moment où la Ville passait au niveau d’alerte jaune, le maire Labeaume avait annoncé que la municipalité reculait sur le rappel au travail de tous ses fonctionnaires, qui devait se faire dans les prochaines semaines.  

«On a décidé de slacker un peu. On ne s'attendait pas qu'on soit dans le jaune. Une note du directeur général est partie pour expliquer qu'on va retarder la rentrée», a-t-il indiqué.  

– Avec la collaboration de Stéphanie Martin