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Le gouvernement Trudeau promet encore d'imposantes dépenses

Émilie Bergeron

Le gouvernement Trudeau confirme, dans son discours du Trône, qu'il a l'intention de continuer d'allonger d'importants investissements pour soutenir les Canadiens durement touchés par la pandémie et pour limiter les dégâts d’une deuxième vague de la COVID-19.

«L’heure n’est pas à l’austérité́ [...] et le gouvernement met à profit sa capacité́ financière pour investir dans des initiatives comme la Prestation canadienne d’urgence et la Subvention salariale d’urgence du Canada et ainsi apporter aux Canadiens, aux entreprises et à l’ensemble de notre économie le soutien nécessaire pour traverser la tempête», a déclaré la gouverneure générale Julie Payette, mercredi après-midi, dans une cérémonie au Sénat.

Dans l’allocution définissant leurs grandes priorités, les libéraux de Justin Trudeau s’engagent à créer un million d’emplois en prolongeant notamment la subvention salariale jusqu’à l’été. On promet aussi de l’aide financière directe aux entreprises qui auront à fermer leurs portes dans d’éventuels confinements.

Ottawa, qui confirme qu’il entend faire passer les bénéficiaires de la PCU vers l’assurance-emploi et de nouvelles «prestations de la relance économique», affirme aussi vouloir en faire plus pour aider les provinces et les territoires à effectuer plus de tests de dépistage.

Outre s’attaquer aux défis immédiats de la pandémie, le gouvernement Trudeau promet de réduire des inégalités mises en lumière par la pandémie. On mise ainsi sur une nouvelle prestation pour les Canadiens en situation de handicap et sur la subvention de programmes pour assurer des places en garderie dans le but, dit-on, de réduire les effets disproportionnés de la pandémie sur les femmes.

Le premier ministre québécois François Legault a accueilli froidement le discours du Trône, le jugeant «décevant pour le Québec».

«[Il] ne respecte pas le champ de compétences des provinces en santé», a -t-il réagi sur Twitter en indiquant qu’il en discutera jeudi avec ses homologues des autres provinces.

Les conservateurs affirment qu'ils ne peuvent pas soutenir le discours du Trône du gouvernement Trudeau qui vient d'être présenté, mercredi après-midi. Leur leader parlementaire Gérard Deltell critique l'absence d'un cadre pour limiter les dépenses et accuse les libéraux de vouloir s'ingérer dans les champs de compétence provinciaux.

Au chapitre de la santé, le gouvernement Trudeau réaffirme son intention d’instaurer un régime d’assurance-médicaments universel, sans doute pour tendre la main au NPD.

Dans un autre passage, on fait écho à une demande du Bloc québécois en promettant une pleine compensation aux agriculteurs sous système de gestion de l’offre. Les libéraux s’engagent aussi à offrir un plus grand soutien aux personnes âgées et à modifier le Code criminel pour prévoir des sanctions plus claires contre toute négligence à leur endroit.

On assure en outre que l'on compte sévir contre les géants du web. «Les choses doivent changer et elles vont changer. Le gouvernement agira afin d’assurer un partage plus équitable de leurs revenus avec nos créateurs et médias, en plus d’exiger qu’ils contribuent à la création, à la production et à la diffusion de nos histoires, à l’écran, en parole, en musique et à l’écrit», a déclaré Mme Payette.

Le gouvernement Trudeau martèle en outre à plusieurs occasions, dans l’allocution, qu’il n’a pas l’intention de lésiner sur la lutte aux changements climatiques malgré la résurgence de la COVID-19.

«Le gouvernement mettra immédiatement en place un plan qui permettra de surpasser les objectifs climatiques du Canada pour 2030. Le gouvernement légiférera également sur l’objectif canadien de zéro émission nette d’ici 2050», peut-on y lire.

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