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Elle blâme ses enfants d’avoir porté plainte

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

Carole Van Houtte discutant la semaine dernière au palais de justice de Longueuil avec son avocat, Mathieu Poissant. Son mari et elle ont maltraité leurs huit enfants.

Photo d’archives, Chantal Poirier

Carole Van Houtte discutant la semaine dernière au palais de justice de Longueuil avec son avocat, Mathieu Poissant. Son mari et elle ont maltraité leurs huit enfants.

Dans un témoignage ponctué de pleurs, l’épouse d’un pasteur de la Rive-Sud de Montréal a blâmé ses enfants d’avoir déposé une plainte contre son mari et elle pour des sévices et de s’être retrouvés devant les tribunaux.

« Jamais j’aurais pensé amener mes parents en cour pour ça », a laissé tomber mardi au palais de justice de Longueuil Carole Van Houtte, en avouant avoir été durement corrigée durant sa jeunesse. 

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La femme de 66 ans et son conjoint, le pasteur Mario Monette, ont plaidé coupables la semaine dernière à des accusations de voies de fait armées sur leurs huit enfants, de séquestration et de menaces de mort ou de causer des lésions, prétendant qu’il s’agissait d’une méthode éducative. Les gestes reprochés ont eu lieu dans les années 1980 jusqu’en 2004.

Sa déposition a été entrecoupée par d’importants sanglots, car elle devenait très émotive en parlant des événements. 

La mère de famille aurait souhaité que tous ses enfants lui pardonnent les sévices subis dans leur jeunesse. Il faut comprendre que certains ont témoigné contre leurs parents tandis que d’autres les soutiennent encore aujourd’hui.

Mme Van Houtte est notamment revenue sur une déclaration de son fils Micaël Monette, qui a avoué qu’il n’aurait probablement pas porté plainte si ses parents étaient venus lui demander pardon, ce qu’ils n’ont jamais fait.

« Pourquoi lui, il n’est pas venu me voir à la place d’amener ça en public ? » a-t-elle lancé. 

Pour la première fois depuis le début des observations sur la peine, Mario Monette a laissé couler quelques larmes et s’est pris la tête entre les mains mardi, en voyant sa femme témoigner avec difficulté. 

Il était pourtant demeuré impassible en entendant les récits d’horreur de ses enfants la semaine dernière, qui ont décrit un « climat de terreur », griffonnant parfois quelques notes. 

« Cocasse »

En matinée, le pasteur a poursuivi son témoignage qu’il avait commencé la veille. 

À un moment, il a qualifié de « cocasse » une correction qu’il avait infligée à un de ses fils alors qu’un bâton avait brisé sous la force des coups et qu’il avait poursuivi le tout avec une ceinture. La remarque a fait bondir la procureure de la Couronne au dossier, Me Julie Laborde.

« Ce qui est cocasse, c’est le changement d’objet. Je m’en souvenais pas. Quand ça a été mentionné, je m’en suis souvenu », s’est-il justifié. 


Le contre-interrogatoire de Carole Van Houtte se poursuit mercredi.