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La faute à la semaine de relâche, disent des chercheurs

Nora T. Lamontagne | Journal de Montréal

The young woman with medical mask on her face stands on the crowded street

Photo Adobe Stock

Les voyageurs de retour de la semaine de relâche ainsi que les snowbirds ont précipité la contagion de la COVID-19 au Québec, confirme une nouvelle étude.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et le Centre de génomique de l’Université McGill ont identifié 247 personnes revenues d’un voyage à l’étranger avant avril qui sont à l’origine de la grande majorité des 68 617 cas que compte la province.

« Le Québec a été vraiment malchanceux parce que la relâche est tombée juste avant que la frontière [canadienne] ne ferme », estime Jesse Shapiro, professeur adjoint de microbiologie et d’immunologie à l’Université McGill et l’un des auteurs de l’étude préliminaire rendue publique cette semaine. 

Ces données tendent à confirmer l’hypothèse selon laquelle le Québec est proportionnellement plus touché que d’autres provinces en raison de cette semaine charnière, quoique les snowbirds québécois aient aussi joué un rôle, rappelle l’expert. 

Origine 

Le professeur Shapiro et son équipe ont aussi pu déterminer l’origine de la souche du coronavirus qu’ont contracté les Québécois grâce à une analyse de séquence génétique. 

Une telle analyse permet de créer un « arbre généalogique » de la propagation du virus en identifiant les mutations dans son ARN, l’équivalent de l’ADN humain. 

Ainsi, dans les premières semaines de la pandémie au Québec, une souche du coronavirus sur trois provenait d’Europe, 31 % de l’Amérique latine ou des Caraïbes, et 24 % des États-Unis. Aucune souche n’était originaire de la Chine.

« Ce qu’on a détecté, c’est le virus le plus proche de nos Québécois. Si un Chinois l’a transmis à un Italien, qui a ensuite rencontré un Québécois, on va détecter l’Italien », explique Sandrine Moreira, responsable de la coordination de la génomique et de la bio-informatique au Laboratoire de santé publique du Québec. 

Dans les prochaines semaines, les auteurs de l’étude poursuivront leurs recherches pour entre autres déterminer si une souche s’est propagée plus largement qu’une autre depuis son arrivée au Québec. 

Centre de génomique de l’Université McGill

Photo courtoisie

Petites et grandes éclosions 

L’analyse de séquences génétiques a aussi été utilisée par l’INSPQ dans le cadre d’enquêtes épidémiologiques concernant des éclosions lors d’événements survenus au cours des derniers mois. 

Dans un scénario selon lequel plusieurs personnes sont contaminées dans un bar, il devient possible de déterminer si une ou plusieurs personnes sont à la source de la contagion, illustre Mme Moreira.

« [L’analyse] est valable à n’importe quelle échelle. »