/regional/troisrivieres/mauricie

Mauricie: l’industrie du spectacle en mode survie

Cassandre Forcier-Martin | TVA Nouvelles

Depuis le début de la pandémie, l'industrie des arts des scènes au Québec est en mode survie et une aide gouvernementale est réclamée. C’est le cas notamment en Mauricie.

Le portrait des salles de spectacles a drastiquement changé. Les salles bondées qui vibrent au son de la musique sont devenues sous-utilisées avec un maximum de 250 places, ou pire encore, elles sont dorénavant fermées pour une durée indéterminée.

«Je vous dirais que l'industrie est en mode survie. On ne parle même pas de profit, on pense seulement à survivre jusqu'au prochain mois, prochaines indications de la santé publique», a indiqué le directeur général et artistique de Culture Shawinigan, Bryan Perro.

«Le modèle imposé par la pandémie n'est pas viable ou rentable à long terme, a-t-il poursuivi. Par exemple, pour Culture Shawinigan, 60 % des revenus viennent de l'extérieur. Donc, en ce moment, c'est difficile. Par contre, nous faisons partie des chanceux puisque la bâtisse appartient à la Ville. Cependant, nous avons 19 employés permanents et l'été on tombe à 45.»

Un secteur durement affecté 

Les diffuseurs pluridisciplinaires, ceux et celles qui organisent la présentation de spectacles devant publics, enregistrent des pertes de revenus de 7 millions $ chaque mois d'inactivité au Québec.

Entre le 12 mars et le 30 juin, plus de 3700 représentations n'ont pas eu lieu, ce qui représente des pertes en billetterie de 17 millions $.

Les gestionnaires du milieu sont sans équivoque, sans aide gouvernementale pour absorber les pertes à la billetterie, plusieurs salles ne tiendront pas plus de 6 à 8 mois.

Depuis la réouverture partielle, l'industrie a dû se réinventer. Les artistes ont revu leur cachet. Un catalogue de spectacles, format et prix COVID-19, a été créé.

Puisque le nombre de billets sur le marché a dégringolé, le profit est quasi impossible. D'autant plus que la vente de produits à la consommation lors des entractes est arrêtée et que les vestiaires, souvent payants, sont fermés l'argent ne rentre plus.

«C'est sûr qu'il va y avoir des écorchés, a souligné la directrice générale de RIDEAU, Julie-Anne Richard. Il va y avoir des institutions qui vont traîner des déficits pour longtemps. Imaginez, il reste pour certains, 2 % ou 3 % de subvention pour payer les coûts fixes.»