/news/society

Mieux vaut laisser repousser les forêts coupées plutôt que de planter

Agence QMI

DANIEL MALLARD/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

Il est souvent préférable de laisser des terrains en friche ou des forêts coupés se regarnir de verdure naturellement sans planter de nouveaux arbres, selon une vaste étude internationale à laquelle a participé un professeur de l’UQAM.

Publiée mercredi dans la revue «Nature», cette méta-analyse montre que la capacité de régénération des forêts a été sous-estimée en moyenne de 32 % par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

«Arrêter de perturber les écosystèmes pour laisser les friches repousser naturellement est un outil au potentiel encore plus élevé que ce que l’on croyait», a affirmé sur le site internet de l’UQAM le professeur du département des sciences biologiques Alain Paquette, qui est l’un des coauteurs de l'étude.

«Laisser repousser une forêt naturellement est l’avenue de régénération la moins coûteuse, a-t-il ajouté. Et souvent, cette avenue est tout aussi efficace, voire plus, qu’une intervention plus coûteuse et invasive comme la plantation.»

Les chercheurs ont présenté une carte détaillée de la planète montrant le potentiel de captation et de séquestration du dioxyde de carbone (CO2) des forêts qu’on a laissées repousser naturellement depuis 30 ans. En raison des différents climats, sols et topographies des lieux, les variations sont très grandes d’un endroit à l’autre avec des écarts jusqu’à 100 fois plus faibles ou plus prononcés.

Cette carte est si précise qu’elle permet aux autorités d’une région donnée de prendre la meilleure décision possible pour leur coin de pays.

M. Paquette, qui est aussi chercheur au Centre d’étude de la forêt, a souligné que planter des arbres n’est donc pas une panacée.

«Cela sert surtout à nous donner bonne conscience. Planter un arbre - ou deux milliards d’ici 2030, comme l’a promis Justin Trudeau lors de sa dernière campagne électorale - semble plus proactif que de simplement arrêter d’en couper, ce qui est pourtant la première chose que l’on devrait faire!» a-t-il dit sur le site de l’UQAM.

Néanmoins, la plantation reste utile pour les endroits où les arbres repoussent mal. Elle permet aussi de rétablir des espèces qui ont de la difficulté à se régénérer. En plus d’accroitre la diversité, ceci permet d’avoir des forêts plus résilientes.