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Menaces contre Trump: Pascale Ferrier radicalisée sur les réseaux sociaux

Félix Séguin | Bureau d'enquête

La femme de Longueuil qui a envoyé une lettre contenant de la ricine au président américain aurait pu être radicalisée par des mouvements d’extrême gauche, selon des sources contactées par notre Bureau d’enquête. 

L’un des courants de pensée auxquels Pascale Ferrier aurait pu adhérer serait lié à une mouvance pro-immigration, relatent ces mêmes sources, qui ont requis l’anonymat. 

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La femme originaire de France se serait radicalisée notamment en fréquentant différents groupes sur les réseaux sociaux. 

La division d’Ottawa de l’équipe intégrée de la sécurité nationale qui mène la portion canadienne de l’enquête, en collaboration avec le Federal Bureau of Investigation américain (FBI) croit aussi que la résidente canadienne présenterait des problèmes de santé mentale. 

«Clown tyrannique»  

Selon les documents judiciaires qui ont été déposés avant la mise en accusation de la résidente de l’arrondissement de Saint-Hubert, la lettre contenant la substance 6000 fois plus mortelle que le cyanure a été détectée par les Services secrets américains à 9 h vendredi dernier dans la salle du tri du courrier de la Maison-Blanche. 

« J’ai trouvé un nouveau nom pour toi : “Le clown tyrannique hideux”, j’espère que tu l’apprécies », pouvait-on lire dans la lettre postée du Canada et portant la signature « Esprit Rebelle Libre ». 

Les recherches du FBI démontrent que Ferrier avait utilisé les mêmes mots le 9 septembre dernier sur les médias sociaux Twitter et Facebook en ajoutant cependant cette référence : « #killTrump ».  

L’auteure affirme également que si le poison destiné à Donald Trump ne le décourageait pas d’abandonner sa candidature aux prochaines présidentielles, elle se rendrait aux États-Unis avec ses fusils... et c’est exactement ce qu’elle a fait. 

Recherchée  

La preuve soumise devant le juge soutient que deux jours après que sa lettre ait été reçue au 1600, Pennsylvania Avenue, Ferrier aurait tenté de traverser la frontière canado-américaine à Buffalo en affirmant au douanier : « Je suis recherchée par le FBI pour les lettres à la ricine ».

Elle avait à sa ceinture une arme de poing chargée et un couteau. 

Les Américains n’ont pas mis de temps à retrouver Pascale Cécile Véronique Ferrier, une immigrante française qui possède la nationalité canadienne. 

Empreintes digitales  

Selon le témoignage de l’agent spécial du FBI Jonathan Preston, qui se qualifie d’expert en « armes de destruction massive », les empreintes digitales de Ferrier ont été trouvées sur d’autres courriers envoyés au Texas pendant la même période.  

Elle avait déjà été arrêtée le 13 mars 2019 dans la localité de Mission, au Texas, pour possession d’armes non enregistrées et d’un permis de conduire falsifié. 

C’est en recoupant les empreintes trouvées sur les lettres et celles des banques de données du FBI que les policiers américains auraient identifié la suspecte.  

Extraits de la lettre à Trump  

«Tu ruines les États-Unis et les mènes au désastre. J’ai des cousins américains et je ne veux pas qu’ils passent les quatre prochaines années avec toi comme président. »

«Retire ta candidature pour les élections. J’ai confectionné un cadeau qui t’incitera à le faire. Le cadeau est dans cette lettre. Si ça ne fonctionne pas, je trouverai une meilleure recette pour un autre poison, ou j’utiliserai peut-être mes armes quand je serai en mesure de venir. »