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COVID-19 dans les CHSLD: «rien à voir avec le printemps dernier»

TVA Nouvelles

Au moment où la province traverse la deuxième vague de la COVID-19, le premier ministre François Legault assure que la situation actuelle dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés (RPA) «n’a rien à voir avec la situation du printemps dernier».

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Le premier ministre était en entrevue à TVA Nouvelles, jeudi, au moment même où la Protectrice du citoyen dévoilait son rapport sur la crise de la COVID-19 dans les CHSLD.

Lorsqu’on lui demande pourquoi il y a toujours du mouvement de personnel dans certains établissements pour aînés, François Legault souligne le manque d’infirmières dans le réseau. 

«On doit aussi augmenter le nombre d’infirmières. Mais ça prend un minimum de trois ans pour former des infirmières. Donc actuellement, il y a des postes d’infirmière qui sont affichés depuis un an et demi, depuis qu’on est arrivés, mais qui ne sont pas comblés. Donc il faut accélérer la formation des infirmières et, malheureusement, il y a des cas exceptionnels où des infirmières doivent travailler dans plus d’un CHSLD pour qu’on soit capable de donner des services à tous les résidents», se défend-il. 

Intervention du fédéral   

François Legault est également revenu sur le discours du Trône du gouvernement Trudeau prononcé jeudi par la Gouverneure générale Julie Payette. 

Le gouvernement fédéral y mentionnait notamment qu’il souhaitait intervenir dans les établissements de soins de longue durée. 

«M. Trudeau nous dit, parce qu’il a envoyé 1000 soldats pendant quelques mois, il se sent le droit de venir imposer des façons de faire», critique François Legault. 

Ce dernier soutient que la province a plutôt besoin de financement. 

«Ce qui nous manque actuellement dans le réseau de la santé, et en particulier dans les CHSLD, c’est du personnel. Et le personnel, ce sont des dépenses récurrentes, donc pas juste des dépenses cette année. M. Trudeau nous a aidés cette année, mais là, les 10 000 personnes qu’on ajoute dans les CHSLD, qui nous aide à les financer l’année prochaine?», questionne le premier ministre du Québec. 

Arruda, toujours l’homme de confiance    

François Legault, assure dans son entrevue à TVA Nouvelles, que le directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda, est toujours son homme de confiance, malgré ses quelques bévues.

Parmi celles-ci, le Dr Arruda a mentionné en point de presse, mardi dernier, que les policiers pourraient entrer dans les maisons privées sans mandat pour mettre fin à des rassemblements. 

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a dû corriger le tir, jeudi, lors d’une mêlée de presse. 

«En aucun cas, nous n'envisageons, en ce moment, de permettre aux policiers d'entrer dans les maisons privées des gens, à moins d'avoir le consentement du propriétaire ou du locataire de l'endroit ou d'avoir un mandat en bonne et due forme délivré, donc, par les instances judiciaires», avait-elle assuré. 

Questionné sur la proximité inquiétante entre la Santé publique et la politique, M. Legault assure que les deux paliers sont bel et bien distincts. 

«Moi, je pense que c’est important que la Santé publique émette des avis, mais c’est au politique, à moi et aux ministres, de prendre les décisions», affirme-t-il. 

Il confirme également que le directeur national de la santé publique a dépassé son expertise. 

«Ce qui est arrivé cette semaine, on a été très clairs, le problème qu’on vit depuis quelques semaines, c’est dans les maisons. [...] Que peut-on faire légalement? Et là, ça sort du champ de compétence du Dr Arruda», dit le premier ministre. 

Ce dernier a d’ailleurs rappelé à de nombreuses reprises, lors de son entrevue à TVA Nouvelles, que la propagation de la COVID-19 se faisait maintenant surtout dans les maisons. 

«Il ne faut pas qu’on invite des gens qui vivent ailleurs dans les maisons», prévient-il à de nombreuses reprises. 

Écoutez l’entrevue complète de François Legault dans la vidéo ci-dessus.