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Des vétérinaires débordés

Jean-François Racine | Le Journal de Montréal

Devant l’impossibilité d’obtenir des soins vétérinaires pour ses animaux, Nathasha Jean se limite pour l’instant à deux cochons d’Inde.

Photo Jean-François Racine

Devant l’impossibilité d’obtenir des soins vétérinaires pour ses animaux, Nathasha Jean se limite pour l’instant à deux cochons d’Inde.

Les cliniques vétérinaires subissent également les effets pervers de la COVID-19 avec de longs délais pour les rendez-vous et des mesures de protection qui ralentissent toujours les activités quotidiennes.

Retard à combler, affluence importante et pénurie de personnel : les cliniques vétérinaires ressemblent aux hôpitaux qui tentent de s’ajuster le mieux possible à une situation en constante évolution. Les propriétaires de chats, chiens, animaux exotiques et bêtes de grande taille vivent les mêmes problèmes.

Pas de solution

« On ne peut pas ajouter des animaux ou modifier notre dossier. C’est vraiment triste. Des animaux peuvent mourir parce qu’il n’y a pas de disponibilité dans les cliniques » explique Nathasha Jean, qui possède deux cochons d’Inde ainsi qu’une petite entreprise spécialisée.

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec confirme des retards importants un peu partout.

« Le problème est généralisé et il est pris au sérieux. Nos membres sont en mesure de donner les meilleurs services, mais ils suivent les recommandations liées au contexte actuel », affirme le Dr Gaston Rioux, porte-parole et président de l’Ordre.

Des délais

Plus d’une dizaine de cliniques contactées par Le Journal font état de délais plus longs que d’habitude pour faire soigner un animal. Au téléphone, quelques messages d’accueil donnent un avertissement clair aux propriétaires.

Les rappels liés à la stérilisation et aux vaccins ne font pas exception, tout comme les refuges qui peinent à obtenir des soins.

« Ça se bouscule. Des propriétaires d’animaux sont parfois incapables d’obtenir des rendez-vous », a expliqué un spécialiste en santé animale.

La Dre Annie Ross, vétérinaire et chroniqueuse, confirme que le confinement du printemps a tout chamboulé dans le réseau. Pendant plusieurs semaines, seules les urgences ont été traitées et le redémarrage n’est pas simple.

« Il y a beaucoup d’achalandage et c’est difficile de récupérer le retard. Plusieurs cliniques n’acceptent pas les clients à l’intérieur. On protège le personnel, mais les mesures ralentissent le débit », ajoute-t-elle.

Autre fait important, plusieurs familles ont choisi d’adopter un animal depuis le début de la pandémie. La recherche d’un vétérinaire s’avère souvent difficile pour plusieurs. En ce qui concerne les animaux exotiques et les petits rongeurs, la quête peut s’avérer encore plus ardue. 

Une pénurie

Pour les euthanasies, la situation n’est pas la même. Les rendez-vous sont plus faciles à obtenir.  

À l’heure actuelle, le manque de vétérinaires et de techniciens en santé animale se fait sentir partout au Canada, mais encore plus au Québec.

« La main-d’œuvre est un problème. Les clients sont aussi plus stressés, plus irritables. C’est lourd. Il faut y aller en priorité. On fonctionne encore de façon très très préventive », conclut la Dre Ross.