/news/world

La chef présumée d'une secte condamnée pour le meurtre d'un enfant en Allemagne

Agence France-Presse

Statue of justice

sebra - stock.adobe.com

La justice allemande a condamné jeudi à la perpétuité une femme de 73 ans, cheffe présumée d'une secte, à l'issue d'un procès inédit portant sur le meurtre d'un enfant commis il y a plus de trente ans.

• À lire aussi: «Jésus de Sibérie» derrière les barreaux

• À lire aussi: Sinistre série de cas de chevaux mutilés en France

La femme, dont le nom n'a pas été dévoilé, a été reconnu coupable d'avoir mis un petit garçon de 4 ans dans un sac de toile et l'avoir laissé ainsi à lui-même dans une salle de bain en août 1988, alors que les températures dépassaient les 30 degrés.

L'enfant a perdu connaissance avant de mourir, étouffé dans son vomi, après un «combat acharné contre la mort», a déclaré un porte-parole du tribunal à l'AFP.

Les enquêteurs ont longtemps considéré son décès comme un accident. Mais en 2015, la justice a rouvert le dossier à la suite de témoignages d'anciens membres de la communauté.

«Ce qui s'est passé dans votre communauté fait froid dans le dos», a déclaré le président du tribunal de Hanau Peter Grassmück lors de l'énoncé du jugement.

Le tribunal a suivi le réquisitoire du procureur qui avait réclamé une peine de prison à vie pour meurtre par négligence, tandis que la défense avait plaidé un non-lieu, accusant les anciens membres de la secte de mener «une chasse aux sorcières» contre l'accusée.

Selon le parquet, la femme a agi afin de renforcer sa position dominante au sein de la communauté. L'enfant aurait été à ses dires «possédé par le mal». Après son décès, elle a feint d'avoir eu une révélation selon laquelle Dieu avait rappelé le garçon vers lui car il était une réincarnation d'Hitler.

Des témoins lors du procès, qui a duré près d'un an, ont raconté comment la femme dirigeait d'une main de fer la communauté et les maltraitances à l'encontre de la petite victime et d'autres enfants. Ils ont parlé de lavage de cerveau, de cruauté psychologique, ou encore de violences physiques et morales dans le groupe de Hanau.

L'accusée a toutefois reçu le soutien de la mère de l'enfant décédé, qui a affirmé que l'accusée, une ancienne infirmière, s'occupait avec beaucoup de gentillesse des enfants. «Elle est une soeur pour moi et une bonne amie», a-t-elle déclaré lors du procès.