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Le Beach Club peut remercier la pandémie de coronavirus

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

GEN-HELLS ANGELS, CANADA RUN AU BEACH CLUB

Photo d'archives, Martin Alarie

Le Beach Club de Pointe-Calumet a écopé d’une suspension réduite de 20 jours de son permis au lieu des 40 que la Régie des alcools lui aurait normalement infligée sans le contexte de la pandémie de COVID-19.

« Les problèmes d’intoxication de la clientèle du Beach Club sont récurrents, ainsi que les troubles et actes de violence qui en résultent, a estimé la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) dans une décision rendue jeudi. L’invitation à la fête à laquelle la titulaire convie sa clientèle, jeune et festive, n’est pas étrangère aux comportements empreints de permissivité et d’excès. »

Le bar à ciel ouvert des Laurentides s’en tire plutôt à bon compte, considérant que la conséquence aurait été bien plus grave en temps normal.

Rester ouvert

Surtout que la sanction de 20 jours, qui prendra effet le 21 mai 2021, n’obligera pas l’établissement à fermer ses portes, mais seulement à ne pas vendre de consommations alcoolisées. 

Les effets économiques seront donc bien moins importants, alors que le Beach Club a affirmé avoir subi des pertes de plusieurs centaines de milliers de dollars à cause de la pandémie mondiale.

« Le Tribunal rappelle à la titulaire qu’il n’en tient qu’à elle de décider si elle souhaite programmer ou non des événements aux dates où s’appliquera la suspension de son permis », souligne-t-on, ajoutant qu’il ne lui sera pas interdit d’admettre du public.

93 manquements

La RACJ a retenu au total contre le Beach Club 93 manquements qui se sont déroulés entre 2015 et 2018 et qui ont porté atteinte à la tranquillité et à la sécurité publique : intoxications à l’alcool ou à la drogue, bagarres, vente de stupéfiants et présence de Hells Angels à une douzaine d’occasions.

« Les soussignées ne remettent pas en doute que la titulaire déploie aujourd’hui beaucoup d’énergie et de ressources pour assurer la sécurité lors de la tenue de ses événements. Mais, à l’époque qui nous occupe, ces mesures n’ont clairement pas suffi », ont estimé les régisseuses au dossier. 

La RACJ a également été très critique à l’endroit de l’établissement quant à sa gestion pour la présence de Hells ou de membres de leurs club-écoles. 

« Il est consternant de constater que le Beach Club accepte d’accueillir à deux reprises d’importants groupes de motards arborant leurs couleurs, [...] considérant la préparation à la réception des motards criminalisés », dénonce-t-on. 

La RACJ ajoute qu’il est « très préoccupant » qu’il n’y ait aucune mesure pour empêcher le port de vêtements à l’effigie des groupes criminalisés, et qu’il est possible de mettre en place une telle politique d’établissement.