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Plus de 16 000 nouveaux cas en 24 heures en France

Agence France-Presse

La France a enregistré 16 096 nouveaux cas de COVID-19 en 24 heures, un record depuis le début des tests à grande échelle dans ce pays, selon les données diffusées jeudi soir par Santé publique France.

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Le précédent record s'élevait à plus de 13 000 nouveaux cas par jour, un niveau atteint mercredi. Alors que de nouvelles mesures de restriction ont été annoncées pour tenter d'endiguer l'épidémie, 52 malades de la COVID-19 sont morts en 24 heures à l'hôpital, a précisé l'agence sanitaire.

Signe que l'épidémie progresse : la part des malades parmi les personnes testées (le taux de positivité) ne cesse d'augmenter, atteignant 6,5% contre 6,2% mercredi et 5,4% la semaine dernière.

Sur les sept derniers jours, les hôpitaux ont accueilli 4258 nouveaux malades, dont 718 cas graves en réanimation, soit 43 de plus que la veille.

Depuis le début de l'épidémie, au moins 31 511 morts liées à la COVID ont été enregistrées en France, dont 20 940 en milieu hospitalier.

Dans son point hebdomadaire également diffusé jeudi, Santé publique France fait état d'une «augmentation exponentielle des admissions en réanimation» et d'une «hausse de la circulation du SARS-CoV-2 chez les 65 ans et plus».

S'appuyant sur des données allant jusqu'au 22 septembre, le service public de santé signale une «sous-estimation de l'augmentation du nombre des cas confirmés due à la probable saturation des capacités diagnostiques», ainsi qu'une sous-estimation du nombre des foyers de contamination.

De nouvelles restrictions fortement contestées  

Le nouveau tour de vis imposé aux grandes villes françaises face à la résurgence de la COVID-19 était fortement contesté jeudi, l'opposition dénonçant un manque de concertation et annonçant à Marseille le dépôt d'un référé en justice pour empêcher la fermeture des bars et des restaurants.

«Je déposerai dès demain, avec des restaurateurs et des cafetiers, un recours en référé liberté devant le tribunal administratif de Marseille contre tout acte restreignant l'exercice de la liberté d'entreprendre, d'industrie et du commerce de façon disproportionnée», a prévenu jeudi soir le président du parti de droite Les Républicains (LR, opposition) de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur Renaud Muselier.

Son annonce est survenue alors que, pour lutter contre un nouvel emballement de l'épidémie, le gouvernement a placé mercredi Marseille et Aix, dans le sud-est, ainsi que la Guadeloupe, aux Antilles, en «zone d'alerte maximale» et décidé une fermeture totale de leurs bars, restaurants et de tout «établissement recevant du public», sauf ceux ayant un «protocole sanitaire strict», comme les théâtres, les musées ou les cinémas.

Onze autres métropoles, dont Paris, Lyon et Nice, ont été placées en «zone d'alerte renforcée», avec fermeture des bars à 22h00 et limitation des ventes d'alcool.

À Marseille, la maire écologiste (opposition) Michèle Rubirola s'est dite «en colère», déplorant une absence de concertation. «C'est inadmissible. Pourquoi avoir un tour de vis, alors que les chiffres commencent à aller dans le positif pour nous depuis quelques jours ?», a-t-elle déploré sur la radio France Info.

Restaurateurs, cafetiers et acteurs du monde économique marseillais ont prévu de se rassembler vendredi pour dire «non au reconfinement économique».

Ces derniers jours, la France a enregistré plus de 10 000 nouvelles contaminations toutes les 24 heures, une hausse du nombre d'hospitalisations et de personnes en réanimation (4244 malades de la COVID hospitalisés dont 675 en réanimation).

À Paris, avec 25% des lits de soins critiques occupés par des cas de coronavirus, les hôpitaux publics ont décidé de reporter 20% des opérations chirurgicales programmées à compter du weekend prochain.

Si la situation ne s'améliore pas, d'autres métropoles pourraient faire de même, a prévenu le ministre de la Santé Olivier Véran.

Mesures «difficiles à comprendre» 

La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a estimé que les restrictions pour les bars et la fermeture des salles de sport à partir de lundi étaient des mesures «difficiles à comprendre», décidées «sans aucune concertation».

Déjà en grande difficulté financière après trois mois d'inactivité au printemps - 15% pourraient mettre la clef sous la porte -, les cafetiers et restaurateurs de l'organisation professionnelle Umih ont évoqué «un vrai cauchemar», demandant le retrait d'une décision «inique» ou la prise en charge totale de leurs pertes d'exploitation.

«Nous sommes vraiment à bout, c'est une situation de non-retour qui va déboucher sur une casse économique et sociale très importante», a déclaré à l'AFP Roland Héguy, président de l'Umih au niveau national.

Bernard Marty, président de l'Umih pour la région d'Aix-Marseille a rejeté en bloc la décision gouvernementale, demandant que «l'État exerce les contrôles qu'il est censé faire et ferme uniquement ceux qui ne respectent pas les mesures sanitaires». «Je veux le prévenir que Marseille va vivre des moments insurrectionnels», a-t-il mis en garde.

«Face au retour de la COVID-19, j'appelle les Franciliens à une grande autodiscipline. Mais je demande aussi au gouvernement de respecter une vraie concertation avec les collectivités sur les décisions impactant des bars et restaurants déjà très fragilisés», a tweeté la présidente de la région parisienne Valérie Pécresse (opposition de droite).

L'Association des maires de France (AMF) a déploré qu'en «renonçant à la concertation, le gouvernement fragilise la confiance» et son président François Baroin (LR), a demandé au premier ministre Jean Castex de «recevoir une délégation de l'AMF» pour s'entretenir de la gestion de la crise.

«Évidemment qu'en interdisant aux gens d'aller dans les restaurants, ils feront la fête chez eux et je ne crois pas que c'est de nature à ralentir la progression», a mis en garde le vice-président du RN (Rassemblement National, extrême droite), Jordan Bardella.

À l'opposé de l'échiquier, Jean-Luc Mélenchon, le chef de La France insoumise (gauche radicale) a critiqué dans un tweet un manque de préparation gouvernementale: «décisions sans alerte, contradictoires et incohérentes» à Marseille.