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Sept ans de prison pour un agresseur de 77 ans

Nicolas Saillant | Journal de Québec

Karine Gilbert

Photo courtoisie

Karine Gilbert

La peine de sept ans infligée à un père de famille qui a abusé de deux victimes pendant les années 70 et 80 marque le dénouement d’une longue bataille pour sa fille qui estime maintenant être «maître de [sa] vie». 

«J’en ai plus de sentiment... Je n’ai même pas le goût de pleurer», a dit Karine Gilbert après avoir vu son père, Gilles Gilbert, 77 ans, être menotté. La femme de 44 ans a demandé à ce que l’ordonnance de non-publication sur son nom soit levée pour témoigner à visage découvert de son expérience. 

Entre 1972 et 1988, Karine et une autre victime qui ne peut être identifiée ont été violées à répétition par Gilles Gilbert. La première victime a été abusée à partir de l’âge de 13 ans tandis que pour Karine, les agressions ont débuté dès l’âge des 7 ans.  

Violence 

En plus des accusations d’agressions, Gilles Gilbert a été accusé d’avoir conseillé à commettre une agression sexuelle puisque la preuve révèle qu’il forçait son garçon à avoir des relations sexuelles avec l’une des victimes pendant qu’il regardait.  

Le septuagénaire violentait également sa fille avec un ceinture, ce qui lui a valu une accusation de voie de fait armée. «Il fallait qu’il sache où j’étais tout le temps», raconte Karine pour démontrer «l’emprise» sexuelle, mais aussi psychologique et physique que son père avait sur elle pendant sa jeunesse.  

Malgré les 77 ans de l’agresseur, le juge Pierre L. Rousseau a estimé que son âge avait «une pertinence très minimale» dans l’imposition de la peine. Ainsi, une peine globale de 7 ans a été infligée à l’accusé qui n’a affiché aucune émotion pendant le prononcé de la sentence.  

Karine Gilbert a admis avoir traversé «des hauts et des bas» pendant les procédures qui ont aussi mené à des arrêts de travail. Aujourd’hui, elle se dit «satisfaite» d’avoir traversé le processus judiciaire et encourage les femmes à dénoncer pour «avancer» et être «maître de notre vie».