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Son fils attend depuis six jours le résultat du test

Simon Baillargeon | Journal de Montréal et TVA Nouvelles

Une mère de famille déplore la lenteur du système de santé puisqu’elle a dû attendre six jours avant d’obtenir le résultat du test de dépistage de la COVID-19 de son fils. 

Après avoir fait une sortie dans les médias, jeudi matin, Mélanie Goupil et son fils Alexandre ont finalement obtenu les résultats du test au courant de la matinée. 

L’appel tant attendu lui a confirmé que le test de dépistage était négatif, comme elle s’y attendait. Mais en attendant le résultat, Alexandre, qui a des difficultés d’apprentissage, a dû patienter à la maison en attendant de pouvoir retourner à l’école.

En entrevue à TVA Nouvelles, Mélanie Goupil s’est dite soulagée du résultat, mais soutient que six jours d’attente, «c’est trop long. Les choses doivent changer pour les autres personnes qui attendent aussi trop longtemps». 

Mélanie Groupil, qui a dû rester à la maison avec son fils, a pu retourner au travail jeudi alors que son fils a repris le chemin de l’école. 

Questionnées sur les raisons de ce long délai, les autorités auraient répondu qu’il y a eu une erreur dans le formulaire rempli par un infirmer lorsque la mère et son fils se sont présentés à la clinique de dépistage du parc Colbert vendredi dernier. 

Résultats transmis plus tard 

Alexandre présentait des symptômes de toux et de fièvre et un camarade de classe avait été retiré de l’école quelques jours plus tôt en attendant les résultats de son test. Mme Goupil a également passé le test.

Après avoir reçu un résultat négatif lundi matin, Mme Goupil a voulu connaître celui de son fils. On lui a alors expliqué que ce résultat pourrait être transmis plus tard dans la semaine.

Mercredi matin, au cinquième jour suivant le test, la Santé publique ne pouvait toujours pas lui confirmer ce qu’il en était advenu. 

«On m’a rappelée pour me dire que les résultats ne sont pas connus, que c’est comme si mon fils, jusqu’à maintenant, n’avait pas passé de test», a-t-elle raconté.

On lui a alors indiqué qu’une demande «pour faire des recherches plus poussées» serait faite.

«Situation un peu aberrante» 

«Je trouve la situation un peu aberrante. Je croyais qu’ils allaient me dire d’aller passer un autre test, je pense que ça aurait été moins long que fouiller pour un test qu’ils ne semblent pas savoir où il est passé.» 

Bien au fait que de longs délais peuvent accompagner la divulgation de résultats, Mme Goupil s’inquiète tout de même de savoir combien de temps elle et son fils devront patienter.

Ils doivent tous les deux rester en isolement jusqu’à ce qu’un résultat négatif de test leur soit communiqué.

Aux prises avec des difficultés d’apprentissage, le jeune Alexandre devra rattraper le temps perdu. Sa mère a demandé à son professeur de lui fournir du matériel pédagogique d’ici à ce qu’il retrouve son pupitre en classe.

«Le confinement de mars, avril et mai, ça n’a pas été une bonne chose pour mon garçon. [...] Il a besoin d’être encadré. Il est dans une classe particulière justement pour ça», explique celle qui dit aussi subir les impacts de cet isolement prolongé au travail, puisqu’elle ne peut accomplir entièrement sa tâche en télétravail.

Peu fréquent 

Du côté du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale, le porte-parole Mathieu Boivin souligne que «la perte d’un échantillon demeure improbable». 

Ce dernier rappelle qu’une «priorisation dans la communication des résultats est effectivement mise en place». Les cas prioritaires sont contactés plus rapidement que les personnes dites non prioritaires. 

«Pour la transmission des résultats négatifs, toutefois, le délai peut varier en fonction de la priorisation d’analyse et du volume général d’échantillons à traiter», ajoute M. Boivin, précisant qu’un «suivi approprié sera rapidement fait» avec la famille.