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Sport interscolaire: les matchs permis malgré un cas de COVID-19 dans l'école

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

PHOTO D'ARCHIVES, JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

Revirement dans le monde du sport étudiant. Le sport interscolaire pourra se poursuivre même si un cas de COVID-19 est déclaré dans une école, a appris Le Journal.

Selon nos informations, la controversée directive interdisant les matchs entre les établissements qui comptent au moins une personne testée positive au virus sera modifiée. 

Puisque les éclosions dans les milieux scolaires sont limitées pour le moment, la santé publique a donné le feu vert à une nouvelle mouture du règlement, selon une source bien au fait du dossier. L’information sera transmise au réseau scolaire demain. 

À moins qu’une éclosion soit constatée par la Santé publique dans une école, les équipes pourront donc s’affronter. 

Cette règle a forcé le report de plusieurs matchs et même l’annulation plus tôt cette semaine des saisons de soccer et de football scolaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. 

Incohérence

Le directeur général du Collège Charles-Lemoyne sur la Rive-Sud de Montréal, David Bowles, était sorti publiquement jeudi matin pour dénoncer l’incohérence de cette mesure. Selon lui, la décision semblait émaner uniquement du ministre Jean-François Roberge, pas de la santé publique. 

Celui qui est également président de la Fédération des établissements d’enseignement privés en prend pour preuve les échanges qu’il a eus avec la Direction de la santé publique de la Montérégie. 

Son école compte deux cas positifs au coronavirus, un en 2e secondaire et l’autre en 4e secondaire. 

«Ma compréhension est qu’ils nous donnaient la permission de pouvoir pratiquer nos sports et jouer des matchs avec nos équipes s’il n’y avait pas eu de cas de COVID-19 dans les équipes, alors que la directive du ministère [de l’Éducation] dit le contraire», a-t-il dit, en entrevue. 

Il a d’ailleurs tenu à souligner l’incohérence de cette directive, pas seulement avec le sport civil, qui n’a pas à suivre de telles règles, mais également avec le concept même de bulle-classe. 

«Je ne vois pas non plus la logique de la directive parce que c’est certain qu’une fois qu’on a une bulle, que ce soit une classe, que ce soit une équipe, je comprends tout à fait que s’il y a un cas, on doive confiner la bulle ou collaborer avec la Santé publique pour prendre les actions nécessaires. Mais si je prends l’exemple d’un cas positif en secondaire 2, je ne vois pas pourquoi ça empêche l’équipe midget AAA de secondaire 5 de jouer des matchs, alors que le reste de la ligue joue, alors que le hockey civil joue et alors qu’il n’y a eu aucun contact entre les élèves de secondaires 2 et le moindre joueur de l’équipe midget AAA», a-t-il insisté. 

M. Bowles a assuré qu’il respecte les directives du ministère de l’Éducation et de la santé publique. Il a demandé au ministre Roberge d’expliquer ses décisions. 

«On va respecter ce qu’on nous demande. Ce qu’on apprécie moins, c’est quand le ministre de l’Éducation nous dit que ça vient de la Santé publique, alors que la Santé publique nous dit qu’ils nous donneraient la permission de le faire».