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«Tant qu’on n’aura pas l’équipement nécessaire...»

TVA Nouvelles

Le rapport sur le fiasco des CHSLD Herron à Dorval et Sainte-Dorothée à Laval a replongé les travailleuses de la santé dans «l’horreur» du printemps 2020, époque où ces deux centres pour aînés sont devenus des symboles de l’échec de la gestion de la pandémie dans ces milieux.

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La conclusion de l’enquête sur la mort de 38 personnes au CHSLD Herron et d’une centaine d’autres au CHSLD choque, mais est fidèle à la réalité, dit la présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Laval.

«En lisant ça, on a été replongé dans l’horreur qu’on a vécue. J’en suis encore très émotive. C’était tellement dramatique ce qui s’est passé», s’est souvenu Marjolaine Aubé en entrevue sur les ondes de LCN, jeudi. «Ce qui est bien, c’est que le rapport est assez fidèle à ce qui s’est passé. Le CISSS a commencé à mettre les recommandations en place.»

Sylvie Morin a pris sa retraite comme infirmière du CHSLD de Sainte-Dorothée au début du mois.

«L'enfer! En 36 ans de carrière, j'avais jamais vu ça. Le manque de leadership au niveau de la gestion: il n'y en avait pas du tout. C'était l'enfer», dénonce-t-elle. «Il fallait même que les infirmières se prêtent entre elles les équipements pour faire passer les tests»

Au total, 601 personnes différentes ont travaillé au CHSLD Sainte-Dorothée entre la mi-mars et la fin juin, dont 60% de l’extérieur. Le problème le plus important qui a aggravé la transmission du nouveau coronavirus dans ces centres, le roulement de personnel, n’est plus source d’inquiétude chez les travailleurs.

«Aujourd’hui, c’est réglé, plus personne ne bouge», convient Marjolaine Aubé. On a stabilisé le personnel de préposés aux bénéficiaires.» 

La représentante syndicale affirme que les travailleurs connaissaient déjà ce problème de roulement de personnel, comme plusieurs autres enjeux, mais «une seule chose a été bien cachée» : la désertion des médecins. «On n’en avait pas entendu parler», dit-elle. 

Il reste un «sérieux problème»      

Selon Marjolaine Aubé, il reste un problème «sérieux» à régler pour éviter une nouvelle hécatombe chez les aînés lors de la deuxième vague de propagation de la COVID-19, déjà entamée selon la Santé publique du Québec.

«Tellement d’études sortent et disent que le COVID-19 est aérosol, rappelle-t-elle. Quand le système de ventilation n’est pas adéquat, ça nous prend le N95. Tous les travailleurs qui sont en zone rouge à Laval n’ont pas le N95. Seulement ceux qui sont aux soins intensifs ou à l’urgence (y ont accès). 

«Tant qu’on n’aura pas l’équipement nécessaire, je ne pense pas que ça va bien aller», prévient la présidente du syndicat du CISSS de Laval.

À la fin août, le ministère de la Santé mentionnait que les établissements de santé du Québec détiennent des masques chirurgicaux et N95 pour faire face à l’équivalent du pic de la pandémie du printemps dernier pendant au moins 60 jours.  

Les masques N95, réservés au personnel hospitalier, sont les plus efficaces contre la transmission du virus, réduisant la transmission de gouttelettes de plus de 99,9%, par rapport à une personne parlant sans masque.