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Une avocate s’en tire car le juge avait fait sa propre enquête

Michael Nguyen | Le Journal de Québec

L’avocate Marie-Hélène Giroux en 2019.

Photo Pierre-Paul Poulin

L’avocate Marie-Hélène Giroux en 2019.

Une avocate montréalaise qui avait été condamnée à payer 1000 $ pour s’être « moquée du système » en faisant perdre son temps à la cour a réussi à faire infirmer la décision, en raison du juge qui avait mené sa propre enquête sur elle.

« Le fait de mener sa propre enquête, sans en informer au préalable [l’avocate], tant qu’à sa tenue qu’à sa teneur, constitue une violation [d’une règle de procédure], tout en constituant un élément suffisant pour faire naître chez un observateur dûment éclairé une crainte raisonnable de partialité », a affirmé le juge Marc-André Blanchard, en annulant la condamnation de Me Marie-Hélène Giroux.

Me Giroux, une avocate de 31 ans d’expérience, avait durement été critiquée en juin dernier pour avoir créé des délais à la cour.

« Plutôt que d’assumer ses fautes, elle a choisi de fournir une version bric-à-brac qui ne tenait pas la route, avait tranché le juge Manlio Del Negro. Elle était prête à dire n’importe quoi pour se disculper. Elle n’a démontré aucun remords. »

Manquement

Or, c’est là que le bât a blessé puisque le juge Del Negro a outrepassé ses compétences, d’autant plus que c’est lui qui a cité les avocates dans l’affaire, et qu’il avait entendu une avocate sans la présence de Me Giroux pour ensuite utiliser le témoignage contre cette dernière.

Mais si la Cour supérieure du Québec a annulé la condamnation, elle n’a pas blanchi Me Giroux pour son comportement à la cour.

« Le tribunal croit nécessaire d’ajouter que le présent jugement ne porte pas sur le comportement de Me Giroux, mais uniquement sur des constatations à l’égard de la procédure suivie en première instance », a-t-il tenu à rappeler.