/news/law

Des parents ne veulent pas témoigner par téléphone

Roxane Trudel | Journal de Montréal

Meurtre Brigitte Serre

Photo Amélie St-Yves

Les parents d’une jeune fille assassinée de 72 coups de couteau il y a 14 ans réclament le droit d’assister en personne à l’audience de son meurtrier qui souhaite encore obtenir la permission de sortir quelques jours par année, escorté. 

• À lire aussi: Pas de sorties pour le meurtrier d’une ado

• À lire aussi: Le meurtrier de sa fille doit rester en taule

• À lire aussi: Un des meurtriers de Brigitte Serre est mort

« Nous pourrons seulement être entendus par téléphone. [Je suis] enragée, insultée et peinée. J’ai été estomaquée, et le reste de la famille aussi. On sent que nos droits ne sont pas respectés », s’insurge Darlene Ryan, belle-mère de la jeune victime. 

Il y a près d’une quinzaine d’années, Brigitte Serre, 17 ans, travaillait dans une station-service de Saint-Léonard quand un ancien employé s’est présenté avec un complice pour voler le dépanneur. 

Après qu’elle eût réussi à se défaire les liens qui la retenaient captive dans l’arrière--boutique, Sébastien Simon, alors âgé de 18 ans, l’a assommée pour l’empêcher de se sauver. Il l’a ensuite poignardée 72 fois.

Trop impulsif

S’il n’a pas réussi à obtenir le droit de sortir quatre jours avec escorte l’an dernier à cause de son impulsivité, Simon s’est empressé de refaire la demande dès qu’il a pu. Il souhaiterait, entre autres, rendre visite à sa femme et effectuer des travaux communautaires, selon Mme Ryan.  

L’an dernier, les membres de la famille de la victime ont témoigné en personne contre lui, pour s’assurer qu’il reste derrière les barreaux.

Or, à cause de la pandémie, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) les a informés qu’ils ne pourraient assister à l’audience que par téléphone, pour éviter les risques de propagation de la COVID-19 dans le pénitencier.

La CLCC précise toutefois qu’elle « travaille également à la mise en place d’un système de vidéoconférence sécurisé qui permettra aux victimes de participer aux audiences par vidéo ». 

Sentiment d’impuissance

« Ils ont recommencé les visites conjugales, mais moi, je n’ai pas le droit de venir témoigner sur place avec un masque ?, questionne la belle-mère. Ça ajoute à la blessure, à la frustration et au sentiment d’impuissance [...] Le face à face est tellement important. »

Elle et son conjoint, Bruno Serre, travaillent depuis des années pour le droit des victimes, en collaborant avec l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD), qui les aide à se préparer pour témoigner.

« Maintenant, quand c’est pour notre fille, le système nous empêche de le faire pleinement », conclut-elle espérant que les procédures seront mises sur pause.  

  • Sébastien Simon doit être entendu le 26 octobre prochain.