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Festival international du film black: briser des barrières

Léa Papineau Robichaud | Agence QMI

Photo Éric Myre

Avec le mouvement Black Lives Matter qui a secoué la planète et la deuxième vague de la COVID-19, la 16e édition du Festival international du film black de Montréal (FIFBM) entièrement en ligne tombe à point nommé.

«C’est un voyage sans passeport, sans visa, sans masque et dans le confort de chez soi à travers le septième art!» a lancé Fabienne Colas, présidente fondatrice de l’événement qui se déroule sur le web jusqu’au 4 octobre.

Le FIFBM offre cette année pas moins de 120 films provenant de 30 pays différents. L’entièreté de la programmation est accessible sur le site web de l’événement avec l’achat d’une passe au coût de 49 $.

«Il y a des films pour les enfants, des documentaires, des fictions et quelques animations. C’est une programmation vraiment diversifiée et éclectique», a indiqué Mme Colas.

Photo Pierre-Paul Poulin

Solution?

La discrimination envers les personnes noires et la place accordée à la diversité culturelle sur nos écrans ont été des sujets chauds dans l'actualité au cours des derniers mois avec la mort de George Floyd aux États-Unis puis avec les critiques sur la distribution de la série «Escouade 99» au Québec.

La présidente fondatrice de l’événement avoue s’être souvent fait demander ce qu’il faudrait faire pour faire partie de la solution.

«À mon avis, il n’y a rien de mieux que de regarder ces films-là et d’essayer de comprendre quelle est la réalité ailleurs», a-t-elle souligné.

«Le FIFBM, c’est une chance de s’instruire, de se divertir, de s’inspirer, de découvrir d’autres pays, d’autres réalités, d’autres cinématographies, d’autres histoires, d’autres acteurs, etc.», a ajouté la femme, qui est Haïtienne d’origine.

Discussions

Le festival prend également la balle au bond et profite du fait que des réflexions ont été entamées avec le mouvement Black Lives Matter pour organiser des panels de discussion dans la série intitulée «Black Market».

«On va parler de financement. On sait qu’il y a beaucoup de barrières systémiques et qu’il y en a toujours eu pour l’accès au financement pour les artistes, producteurs ou réalisateurs noirs. On a tenu à faire un panel de discussion avec cinq bailleurs de fonds pour qu’ils nous expliquent un peu comment on brise ces barrières-là», a donné en exemple Fabienne Colas.

Les panels, qui aborderont diverses questions importantes, seront diffusés gratuitement sur Facebook.

«Pourquoi y a-t-il eu l’effervescence du Black Lives Matter? Parce que la situation étant ce qu’elle est, il faut que ça change. Une des façons de le faire, c’est de mettre les artistes et créateurs noirs sous les projecteurs, c’est d’en parler, c’est de voir leurs œuvres, c’est de les supporter, etc.», a indiqué celle qui est également actrice, réalisatrice et productrice.

«C’est notre mandat de supporter les créateurs noirs. Il y a beaucoup de festivals qui n’ont pas la diversité pour mandat, alors ils vont avoir quelques films blacks à leur programmation. C’est normal, car ce n’est pas leur raison d’être. On est là pour complémenter l’offre qui existe déjà sur le marché, pour offrir un peu de diversité, de films auxquels on n’aurait pas accès sinon», a conclu Mme Colas.

Toute la programmation est disponible au montrealblackfilm.com.