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Le privé de plus en plus alléchant pour les infirmières

TVA Nouvelles

Les résidences privées pour aînés doivent se montrer plus que jamais attirantes pour recruter une infirmière. 

À la résidence Place Saint-Moritz, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, il a fallu trois semaines et 60 candidates en entrevue avant de trouver preneur. Pourtant, on y offrait un salaire alléchant de 40 dollars l'heure, soit l'équivalent du maximum dans le réseau public.

Or, cette difficulté de recrutement est liée au fait que les gens ont beaucoup de possibilités dans le réseau dans la santé, selon Daniel Rochon, directeur général de la résidence Angelica, qui se trouve à Montréal-Nord.

Depuis le début de la pandémie, celles qui oeuvrent dans le privé ont vu leur salaire grimper. Le gestionnaire a lui aussi dû ajuster son offre.

«Parce qu'on a des remplacements de dernière minute et que la liste de rappel est épuisée, on n’a pas le choix, il faut aller avec les agences... Et on paie le gros prix», indique-t-il.

Une employée du CIUSSS du Nord-de-l'Ile-de-Montréal, par exemple, gagne, au maximum des échelons salariaux, 30,46 dollars quand elle est infirmière auxiliaire, 39 dollars quand elle est technicienne et 45,22 dollars si elle est allée à l'université. 

À l’heure actuelle, sur le marché privé ou en agence, certaines des offres d'emploi peuvent aller jusqu'à 66,50 dollars l'heure, soit 20 dollars de plus que la collègue clinicienne qui oeuvre dans le public.

«À 65 dollars l'heure, je suis plus obligée au TSO, j'ai quand même un choix d'horaire, je gère beaucoup plus, c'est beaucoup plus facile de gérer la conciliation travail, famille, études», témoigne Kathleen Bertrand, présidente de la FIQ du Nord-de-l'Île-de-Montréal.

Le syndicat qui représente 3200 employés s'inquiète. Ces salaires alléchants et les conditions de travail convainquent de plus en plus les membres de faire le saut dans le privé.

«Quand notre métier nous rend malades, quand notre métier nous empêche de profiter de la vie, il y a des gens qui font le choix de se magasiner une nouvelle vie», ajoute Mme Bédard.

Tandis que le réseau de la santé se prépare à affronter la deuxième vague, le syndicat croit que le gouvernement devrait, une fois pour toutes, revoir ce modèle à deux vitesses et utiliser l'argent consacré actuellement aux agences pour les employés du réseau public déjà à bout de souffle.