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L’hémorragie se poursuit à coup de centaines de millions de $

Jean-Michel Genois Gagnon | Le Journal de Montréal

Le Mouvement Desjardins compte plus de 47 000 salariés. Ici, le Complexe Desjardins, à Montréal.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Le Mouvement Desjardins compte plus de 47 000 salariés. Ici, le Complexe Desjardins, à Montréal.

Valeurs mobilières Desjardins continue de se faire dérober des conseillers en placement. Deux groupes et une conseillère ont récemment quitté, dont les actifs sous gestion regroupés s’élevaient à plusieurs centaines de millions de dollars, voire près d’un demi-milliard de dollars. 

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Au cours des dernières semaines, le groupe Gérard Fagouet a fait le saut chez la Banque Nationale, tout comme l’Équipe Pelletier Lavigueur. Et Nathalie Roy a rejoint une équipe de CIBC Wood Gundy. 

Il n’a pas été possible de discuter avec ces courtiers de Montréal. La direction de Valeurs mobilières Desjardins (VMD) a toutefois confirmé ces départs. 

En janvier dernier, Le Journal écrivait qu’en raison d’un climat d’incertitude entourant l’avenir de VMD, plusieurs conseillers avaient pris la décision de quitter l’organisation, dont un important cabinet en gestion de patrimoine et solutions de placement à Amos qui gérait plus de 500 M$. 

Des membres de la direction avaient aussi annoncé leur départ en 2019. Selon le média Finance et Investissement, VMD comptait 237 conseillers en placement, ayant leur propre clientèle, en février 2019. Ils sont maintenant 217.  

Il faut dire qu’au cours des dernières années, le Mouvement Desjardins aurait laissé planer la possibilité « d’écarter de son offre de services » VMD, afin de miser davantage sur des salariés de Service Signature Desjardins. 

Selon nos informations, la direction de VMD a récemment abordé la question des départs lors d’une conférence téléphonique avec ses conseillers. Le 16 septembre, « des ajustements » ont également été annoncés dans la haute direction où de nouveaux postes ont été créés. 

Marginalisée ?

Bien que la direction de VMD assure que la firme de courtage fait toujours partie des plans de la coopérative, différentes sources ont indiqué au Journal qu’il règne toujours un « climat d’incertitude » à l’interne. 

« VMD est de plus en plus marginalisé », déplore une source, préférant taire son nom pour éviter les représailles. « La pandémie a peut-être ralenti le nombre de départs au cours des derniers mois, mais je ne serais pas surpris qu’il y en ait encore d’autres », poursuit-elle. 

Volonté de relance

Du côté de VMD, la vice-présidente services-conseils en gestion de patrimoine, Marjorie Minet, réitère qu’il n’est pas question de mettre au rancart les conseillers. Elle souhaite même faire des embauches. 

« Nous ne sommes pas là du tout. Nous croyons au courtage. On veut relancer la machine. L’expertise est valorisée », dit-elle. « Nous ne sommes plus dans ce genre de questionnement. Le potentiel est tellement grand sur tous les plans. Nos membres ont besoin de ces offres-là », poursuit-elle. 

La v.-p. a toutefois concédé ne pas avoir embauché de nouvelles équipes, depuis le début de l’année. Elle a aussi avoué que la compétition est actuellement très féroce entre les institutions bancaires. 

Mme Minet a tenu à noter que lors du départ de conseillers en placement, VMD conserve certains clients et leurs actifs.   

Valeurs mobilières Desjardins

  • 350 conseillers en placement  
  • Ce nombre comprend les conseillers adjoints 
  • 44 succursales et points de service au Québec   
  • Actifs sous gestion se chiffrant à plus de 35 milliards $ au 18 septembre 2020 
  • Environ 570 employés    

Source : ​Valeurs mobilières Desjardins