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Privatisation de MEC: les membres préparent une contre-proposition

Martin Jolicoeur | Le Journal de Montréal

Quebec

Photo d'archives, Stevens LeBlanc

L’acquisition de Mountain Equipment Co-op (MEC) par l’américaine Kingswood Capital Management risque de prendre une tournure inattendue, alors que les millions de membres de la coopérative de plein air préparent le dépôt d’une contre-proposition aux créanciers. 

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La Cour suprême de Colombie-Britannique a autorisé tard jeudi le mouvement Sauvons MEC à représenter les intérêts des 5,4 millions de membres de la coopérative, et à prendre la parole en leur nom au cours d’une prochaine audience, prévue lundi prochain.

«C’est une première victoire dont nous sommes particulièrement fiers, affirme Marie-Hélène Viau, représentante bénévole de Sauvons MEC au Québec. Depuis une semaine, la gestionnaire de projet de Montréal a choisi de mettre plusieurs pans de sa vie en veilleuse pour se consacrer à temps plein à cette cause.

Un délai

Né dans la foulée de l’annonce de la vente du détaillant le 14 septembre, Sauvons MEC souhaite profiter de la prochaine audience pour demander la suspension de la transaction annoncée. Idéalement, le regroupement souhaiterait obtenir un délai de deux semaines, afin de lui permettre de préparer une proposition d’arrangement aux créanciers en bonne et due forme. 

En difficulté financière, MEC a obtenu la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) il y a un peu plus d’une dizaine de jours. Sous réserve d’approbation de la Cour, cette loi permettrait au c.a. de MEC de procéder comme prévu à la vente de la coopérative.

La force du nombre

Cela va sans compter évidemment l’importance du mouvement de protestation qui a pris forme ces derniers jours. Plus de 130 000 signataires ont signé l’une ou l’autre des pétitions qui ont été lancées sur la plateforme Change.org. Et en sept jours, par l’intermédiaire de GoFundMe, Sauvons MEC a réussi à récolter plus de 100 000$ -le double de son objectif - pour financer ses frais juridiques.

«Je ne sais pas où tout cela nous mènera, mais j’ai confiance. Je ne peux pas croire que devant l’ampleur de cette mobilisation populaire, d’un océan à l’autre, la Cour et les créanciers de MEC – lesquels auront ultimement le dernier mot- demeureront insensibles.»

Sauvons MEC espère profiter des prochains jours pour conclure des ententes avec d'importantes organisations du milieu coopératif canadien et faire face aux difficultés financières MEC autrement que par sa privatisation. 

Près de 100M$ de créances

Déjà, le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité a décidé vendredi d’appuyer le mouvement.Il rejoint ainsi la British Columbia Co-operative Association, l'Alberta Community and Co-operative Association et Coopératives et Mutuelles Canada (CMC) qui épaulent aussi le mouvement. 

Parmi les principaux créanciers de MEC, figurent en outre la Banque Royale et la Banque TD. En date du 14 septembre, les dettes connues de MEC s’élevaient à 98,1M$, dont 69,7M$ de créances garanties.