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Trudeau encore pressé de s'expliquer sur le respect des champs de compétence

Émilie Bergeron | Agence QMI

Bloc parlement canada

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La question des transferts en santé et les inquiétudes d’ingérence du fédéral dans des champs de compétence provinciaux sont revenues sur le tapis, vendredi, sur la colline parlementaire.

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Le premier ministre Justin Trudeau a défendu son projet d’élaborer des normes nationales sur les soins apportés dans les établissements de soins de longue durée.

«Il y aura surement un élément d’argent et on va être là pour parler de comment on peut aider au niveau financier, mais on sait aussi que les systèmes qu’on avait en place n’étaient pas adéquats à travers le pays pour bien protéger nos aînés», a-t-il dit lorsque pressé de questions sur cette initiative qui figure dans le discours du Trône présenté cette semaine.

Il a plaidé qu’une «conversation» sur les différentes normes qui existent d’une province à une autre était nécessaire pour assurer de meilleurs services aux aînés qui ont souffert durant la crise de la COVID-19.

Le premier ministre Legault et ses homologues ont fustigé les libéraux fédéraux, jeudi, pour avoir privilégié dans leur discours du Trône de «nouvelles initiatives à durée limitée» qui s’inscrivent dans leurs champs de compétence plutôt que de s'engager à augmenter les transferts en santé.

Le discours énonçant les grandes priorités du fédéral met notamment de l’avant un projet de réseau pancanadien de garderies et un régime d’assurance-médicaments universel.

«Nous allons continuer de nous concentrer sans réserve sur les Canadiens, de pair avec les premiers ministres et les provinces pour fournir le soutien nécessaire [aux citoyens]», a offert M. Trudeau, vendredi, en martelant qu’il respecte les champs de compétence.

M. Trudeau ne s’est par ailleurs pas avancé sur une date pour la rencontre promise pour cet automne avec ses homologues pour discuter formellement de leur demande de hausser la part du fédéral à 35 % pour les coûts en santé.

En Chambre, c’est le lieutenant du Québec Pablo Rodriguez qui a dû s’expliquer, talonné par les bloquistes et conservateurs.

«Nos aînés ne sont pas un paragraphe ou une ligne dans la Constitution. Ils ne sont pas une juridiction ou un champ de compétence. Ce sont des humains en chair et en os qui ont souffert plus que quiconque durant cette pandémie-là et nous serons là pour eux», a-t-il fait valoir en accusant ses adversaires politiques de «créer» une chicane entre Québec et Ottawa.

Par ailleurs, les négociations entourant l’adoption du projet de loi C-2, sur des «prestations de relance économique» pour donner suite à la Prestation canadienne d'urgence (PCU) se poursuivaient, vendredi. Les libéraux espèrent que la mesure législative sera adoptée avant mercredi prochain, puisque c’est à cette date que les pouvoirs extraordinaires de dépenser en temps de pandémie doivent venir à échéance. Une fois le sceau d’approbation donné, les travailleurs privés de revenus pourront appliquer à compter du 12 octobre pour la période commençant dimanche – date de fin de la PCU.