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Un signaleur amputé après une collision à 150km/h

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

Un expert en reconstitution de la SQ se tient sur l’autoroute 440 à Laval pour photographier la motocyclette accidentée du défunt Ian Jacobsen (en mortaise).

Photos Agence QMI, Erik Peters et tirée de Facebook

Un expert en reconstitution de la SQ se tient sur l’autoroute 440 à Laval pour photographier la motocyclette accidentée du défunt Ian Jacobsen (en mortaise).

Un signaleur en chantier de construction a dû se faire amputer d’une jambe hier, car un motocycliste, qui lui, a perdu la vie, l’a happé mercredi soir à Laval.

Pierre-Luc Morin, un père de famille de trois enfants résidant à Longueuil, travaillait sur un chantier entre la montée Saint-François et l’autoroute 25, sur l’autoroute 440, au moment du drame.

• À lire aussi: Un motocycliste perd la vie dans une zone de travaux sur l’A-440 à Laval

Vers 21 h, un motocycliste de 28 ans, Ian Jacobsen, roulait à une vitesse supérieure à 150 km/h, selon nos informations. La limite de vitesse permise à cet endroit est de 100 km/h.

« Plusieurs témoins ont confirmé que la vitesse élevée était en cause », affirme la sergente de la Sûreté du Québec (SQ), Marie-Michèle Moore.

Jacobsen aurait tenté d’éviter des véhicules de service, puis de dépasser un camion amortisseur d’impact dans la voie de gauche avant la collision. 

La moto a ensuite heurté le signaleur routier de 34 ans, ainsi qu’une camionnette blanche liée aux travaux.

Celui-ci a rapidement été transporté à l’Hôpital Sacré-Cœur, où on a dû, entre autres, l’amputer d’une jambe, a-t-on appris. Sa situation s’est ensuite stabilisée.

« Pierre-Luc est un as dans le domaine. Ce n’était pas censé être dangereux, s’attriste Jean-Charles Saint-Pierre, président de Signalisation STP. On a enlevé la mobilité à un gars qui aimait ce qu’il faisait. »

Ses collègues, trop ébranlés, ont demandé de fermer le chantier jusqu’à lundi.

Sur place

Pour sa part, le couple de L’Épiphanie qui prenait place sur la motocyclette a eu moins de veine. Son conducteur a perdu la vie peu après avoir été éjecté de l’engin.

La scène aurait été difficile à regarder pour les premiers répondants. Sa conjointe, elle aussi âgée de 28 ans, luttait encore pour demeurer en vie, hier.

« Le gars est mort, il ne répondra pas de ses actions. Là, il y a trois enfants qui devront vivre avec un père amputé », déplore Jean-François Dionne, président de l’Association des travailleurs en signalisation routière du Québec. 

Cette triste histoire soulève l’ire du porte-parole des signaleurs car elle lui rappelle que les conducteurs font preuve de négligence en zone de construction.

Deux en quatre jours

Chantier sur l’autoroute 20 où un travailleur est mort, très tôt lundi matin dernier, à la hauteur de Sainte-Eulalie, dans le Centre-du-Québec.

Photo Agence QMI, Éric Beaupré

Chantier sur l’autoroute 20 où un travailleur est mort, très tôt lundi matin dernier, à la hauteur de Sainte-Eulalie, dans le Centre-du-Québec.

D’autant plus qu’un autre travailleur, un quinquagénaire cette fois, est mort à Sainte-Eulalie, dans le Centre-du-Québec, lundi matin. Celui-ci a été fauché par une voiture sur un chantier de l’autoroute 20, alors qu’il installait des blocs de béton.

Le chauffard, qui s’est enfui, est accusé de délit de fuite causant la mort.

« Les policiers étaient où ? Ils n’étaient pas là, et [mercredi] non plus, se révolte M. Dionne. S’ils avaient été là, il n’y aurait pas eu ces accidents. »

« C’est le ministère des Transports qui décide où et quand on doit être là, se défend Paul Leduc, chef de la sécurité routière à la SQ. C’est clair que la vitesse est un gros problème sur les chantiers. Les gens roulent trop vite et ne respectent pas la signalisation. »