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Annulation des festins de l’Action de grâce: dur coup pour l’industrie de la dinde

Gabrielle Morin-Lefebvre | Agence QMI

Tasty roasted turkey with slices of orange and prune on plate

Courtoisie Exceldor

L’annulation des activités prévues pour l’Action de grâce préoccupe l’industrie de la dinde, alors que son produit vedette est associé aux rassemblements familiaux et aux tablées bien remplies.

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Jeudi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a demandé aux Québécois de laisser tomber les soupers d’Action de grâce cette année, alors que les cas de COVID-19 sont en hausse un peu partout dans la province.

«On verra où on se trouve au mois de novembre, mais ce n’était pas des nouvelles qu’on voulait entendre», a confié Anthony Tavares, vice-président principal de la division dindon d’Exceldor Coopérative.

« Pour le Québec, les ventes sont moindres [à l’Action de grâce] qu’à Noël, donc on espère qu’on va se reprendre à Noël», a-t-il précisé.

Les dindes surgelées ont déjà été livrées chez les détaillants, donc l’impact de l’annulation des soupers de l’Action de grâce ne se fera ressentir que plus tard, en fonction des inventaires restants, selon M. Tavares.

Voir la dinde autrement  

La fédération Les Éleveurs de volailles du Québec dit s’être «préparée pour une Action de grâce chamboulée» et souhaite que les consommateurs voient la dinde pas seulement comme un produit qui s’achète entier pour les grandes occasions, mais aussi sous ses autres déclinaisons, comme avec des coupes de style poitrine ou rôti.

«C’est une protéine qui est délicieuse, qui est maigre, qui est abondante. [...] On a vraiment une belle opportunité qui s’offre à nous», a estimé le président de la fédération, Pierre-Luc Leblanc.

«Ce n’est d'ailleurs pas la première fois que l’industrie doit se faire cette réflexion. Depuis quelques années, celle-ci voit son marché souffrir, affirme M. Tavares, et une campagne publicitaire avait même été lancée en 2019 afin d’inciter les consommateurs à cuisiner le dindon.»

«Les transformateurs ont perdu beaucoup d’argent au cours des trois dernières années, la dernière chose qu’on avait besoin cette année c’était la COVID», s'est désolé M. Tavares.

Petites dindes  

D’après lui, les consommateurs sont maintenant à la recherche de produits plus légers et de dindes en bas de 9 kilos. Exceldor Coopérative a d’ailleurs ajusté le poids de ses dindes et de ses produits en début d’année pour refléter cette tendance, affirme-t-il.

Malgré la pandémie et le bilan des dernières années, Pierre-Luc Leblanc reste optimiste et y voit plutôt la chance de restructurer l’industrie et de séduire les consommateurs ayant plus de temps pour cuisiner.

«On voit que l’industrie est en train de se moderniser et de s’adapter aux demandes des consommateurs, car on voit de plus en plus de produits en transformation », a-t-il expliqué.

Pour sa part, M. Tavares espère que les Québécois mangeront de la dinde dans leur bulle familiale respective cette année, même si le festin sera moins grand.

«On espère que les gens vont quand même manger une dinde même si on va se réunir avec des beaucoup plus petits groupes », a indiqué M. Tavares.