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Autonomie alimentaire: difficile d’être entièrement autonomes

Jean-Michel Genois Gagnon | Journal de Montréal

légumes produits locaux

Jérôme Rommé - stock.adobe.com

L’Institut Jean-Garon croit à l’autosuffisance alimentaire partielle au Québec. La direction estime toutefois qu’il sera impossible d’atteindre une autonomie complète « comme au début des années 1900 ».

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« Depuis le début de la pandémie, cette idée qu’on devait produire autant de choses que l’on consomme est revenue à l’ordre du jour », concède le coprésident, Michel Saint-Pierre, estimant que la COVID-19 a entraîné un éveil de la population envers certains enjeux alimentaires.

L’Institut Jean-Garon, dont le nom provient de l’ex-ministre québécois de l’Agriculture qui a fait la promotion de l’autosuffisance alimentaire durant plusieurs années, s’est notamment donné comme mission de sensibiliser les gens à l’importance des terres agricoles.

Selon M. Saint-Pierre, il est utopique de penser qu’on pourrait de nouveau être autonome pour l’ensemble de la chaîne alimentaire. Il répond que les Québécois devraient tirer un trait sur plusieurs aliments qui seraient trop dispendieux à produire dans des serres au Québec, comme les oranges, les bananes ou les kiwis.

« Nous avons déjà été autosuffisants, mais c’est quand nous étions très pauvres. C’était des familles terriennes », raconte-t-il. 

« Aujourd’hui, en termes de variété, nous ne pourrions pas produire tout ce que nous consommons. Je ne pense pas que notre société est prête à mettre un X sur un bon nombre de produits », poursuit l’ancien sous-ministre au ministère de l’Agriculture de 2004 à 2008.

Les cultures abritées

Selon M. Saint-Pierre, Québec gagnerait toutefois à bonifier certaines productions et à utiliser davantage « les cultures abritées ».

« Cela ne veut pas nécessairement dire les serres traditionnelles. Il y a des abris qui permettent de prolonger les saisons », avance-t-il, ajoutant que la province fait déjà bonne figure pour certaines productions maraîchères, comme les carottes, les patates et les oignons. Elle a aussi des assises solides dans le porc, la volaille et les produits laitiers. 

Le coprésident de l’Institut Jean-Garon est d’avis qu’il reste encore beaucoup de travail à faire dans plusieurs secteurs afin d’assurer une production annuelle et diminuer notre dépendance envers les autres pays, notamment pour la laitue, les raisins et les fraises.

« Le portrait n’est pas si noir, mais on peut améliorer certaines choses », souligne celui qui estime que Québec gagnerait davantage à essayer de mettre sur pied un système d’autosuffisance alimentaire en collaboration avec les autres provinces canadiennes.

Il chiffre à environ 50 % les produits provenant d’ici, actuellement, dans le panier d’épicerie des consommateurs. Il précise que ce pourcentage peut toutefois varier en fonction des saisons.

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