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Autonomie alimentaire: la demande pour les produits locaux s’accélère

Diane Tremblay | Le Journal de Montréal

La demande pour les paniers biologiques s’est accélérée à la ferme Les Jardins de la Chevrotière, à Deschambault-Grondines, près de Québec, avec l’arrivée de la COVID-19.

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À ses débuts, en 2016, la ferme maraîchère, dirigée par Geneviève Mayrand-Papillon et son conjoint, Jérôme Thivierge, préparait 40 paniers par semaine. Cette année, ils livrent 200 paniers. 

« J’ai plus qu’une quarantaine de personnes sur ma liste d’attente à qui j’envoie quand même des nouvelles de la ferme à chaque semaine avec un lien vers la boutique en ligne. Certains achètent des paniers à la pièce à chaque semaine. Nos ventes en ligne ont vraiment augmenté », a ajouté Mme Mayrand.

La productrice soutient que l’engouement pour les paniers biologiques vient en bonne partie de la COVID-19. 

« Ça ne fait aucun doute. C’est sûr qu’il y avait une progression. Il y avait un intérêt qui était déjà présent. C’était déjà une tendance, mais c’est venu accélérer cette tendance-là de manière exponentielle. »

Normalement, Mme Mayrand prend les inscriptions de février à mai. Cette année, le 6 avril, il n’y avait plus de place. Par désir d’encourager l’achat local ou pour s’assurer d’un approvisionnement de produits frais, les clients sont plus nombreux. 

« On ne peut pas excéder notre capacité de production. L’incertitude entourant la venue des travailleurs étrangers temporaires a fait en sorte que plusieurs se sont tournés vers les fermiers de famille qui sont moins dépendants de la main-d’œuvre étrangère », poursuit-elle. 

Un soutien précieux  

Ce type d’agriculture soutenue par la communauté se différencie d’un marché public. Les abonnements sont vendus à l’avance. 

Avec l’argent recueilli, les producteurs paient les frais d’exploitation, que ce soit pour l’achat de semences ou le chauffage des serres, par exemple. 

« Il y a une confiance, une solidarité avec le producteur. C’est comme s’ils disaient, peu importe si le brocoli est plus petit, nous, on va être là. C’est dur d’être agriculteur au Québec. Ce n’est pas une réalité facile. On est là et on se sent supportés. C’est aussi difficile d’être plus frais que ça. Les légumes qui sont récoltés le matin sont livrés dans l’après-midi. Les gens goûtent la différence aussi », a ajouté Mme Mayrand. 

Les Jardins de la Chevrotière font partie du Réseau des fermiers de famille, créé par Équiterre. Comme plusieurs autres intervenants, Mme Mayrand est convaincue que le Québec peut améliorer son bilan en termes d’autosuffisance alimentaire. 

« Il faut que ce soit un enjeu prioritaire pour les gouvernements. C’est clair que c’est possible. Ça va demander des changements de mentalité à tous les niveaux à partir des consommateurs jusqu’aux décideurs. On peut certainement faire mieux. J’en suis convaincue. [...] Je ne pense pas qu’on va pouvoir revenir en arrière après la pandémie. On n’aura pas le choix d’aller vers l’avant. Les gens sont prêts. »