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Une année à l’encre rouge pour Investissement Québec

Sylvain Larocque | Journal de Montréal

Investissement Quebec

Photo d'archives, Simon Clark

Investissement Québec (IQ) déposera la semaine prochaine un rapport annuel qui sera probablement rédigé à l’encre rouge à cause de la pandémie. Son grand patron se réjouit néanmoins que les entreprises recommencent lentement à lancer de nouveaux projets.

La société d’État devait déposer ses états financiers au printemps, mais la crise l’en a empêchée. Son exercice financier est terminé depuis la fin mars.

« Le 31 mars 2020, c’était probablement le pire moment pour prendre une photo de famille », a fait remarquer hier Guy LeBlanc, PDG d’IQ, au cours d’un entretien téléphonique avec Le Journal.

La Banque de développement du Canada et Investissements PSP, des institutions fédérales dirigées à partir de Montréal, ont toutes deux enregistré des rendements négatifs pour leurs exercices ayant pris fin le 31 mars.

Cible de rendement plus souple  

Heureusement pour IQ, la réforme du ministre Pierre Fitzgibbon, entrée en vigueur l’an dernier, permet à l’organisme d’étaler sur une période de trois à cinq ans l’atteinte de sa cible de rendement. Celle-ci s’établit actuellement à environ 2 % par année, soit ce qu’il en coûte au gouvernement pour emprunter.

« Notre objectif, c’est d’avoir le plus d’impact possible et de prendre plus de risques pour des projets qui sont porteurs, mais qui ne sont pas assurés de générer les profits requis pour repayer la dette ou le capital-actions », a expliqué M. LeBlanc.

Notant que la situation économique s’améliore graduellement, le dirigeant a bon espoir que le rendement d’IQ sera meilleur en 2020-2021, mais il ne fait pas de promesses.

« On ne sait pas ce qui va se produire avec la deuxième vague » du coronavirus, a-t-il relevé au micro du balado Mêlez-vous de vos affaires sur QUB radio.

Encore 1 milliard $ pour la crise  

IQ a encore des munitions. Une somme de 1 milliard $ est toujours disponible dans le programme gouvernemental PACTE, qui vise à aider les entreprises à traverser la crise. Quelque 1,5 milliard $ ont été attribués jusqu’ici.

« Si c’est nécessaire d’ajouter des sommes, je suis convaincu que le gouvernement va suivre », a-t-il soutenu.

Mais au-delà de l’aide d’urgence, le téléphone a recommencé à sonner pour des projets de croissance.

« Par rapport à il y a trois mois, il y a beaucoup plus d’appétit pour investir, et le nombre de demandes qu’on a pour des projets augmente continuellement », a indiqué Guy LeBlanc.

Initiative Productivité innovation  

IQ a dévoilé hier l’initiative Productivité innovation, dotée d’une enveloppe de 2,4 milliards $ d’ici 2023.

La première mouture du programme, lancée sous l’appellation « Manufacturiers innovants » en 2016, a permis de financer plus de 1100 projets. IQ y a investi 2,4 milliards $, soit 2,5 fois plus que prévu. En incluant les contributions des entreprises, les investissements ont totalisé 8,5 milliards $.

Cette fois-ci, toutes les entreprises qui gravitent autour des entreprises de fabrication sont admissibles, y compris les détaillants ainsi que les firmes de transport, d’entreposage, de construction et de services professionnels.

L’aéronautique est également dans la ligne de mire, mais IQ ne croit pas pouvoir sauver seule cette industrie frappée de plein fouet par la pandémie. 

« C’est clairement au fédéral de mettre en place un programme d’aide aux entreprises du secteur, a lancé M. LeBlanc. On est impatients de voir ce programme poindre à l’horizon. »