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Une mère en deuil exige une loi plus stricte sur les pneus finis

Erika Aubin | Le Journal de Montréal

Valéry Pelletier a perdu son fils Christophe Thivierge dans un accident de la route, le 2 septembre 2019, à Ascot Corner, en Estrie.

Photo courtoisie

Valéry Pelletier a perdu son fils Christophe Thivierge dans un accident de la route, le 2 septembre 2019, à Ascot Corner, en Estrie.

Une mère réclame que la loi sur les pneus usés soit plus sévère, un an après qu’un accident de la route a coûté la vie à son fils, notamment en raison du mauvais état des pneus. 

« La loi accepte des pneus qui sont pratiquement finis. On n’est pas nécessairement en sécurité, même si on respecte la réglementation », lance Valéry Pelletier. 

Le 2 septembre 2019, son fils de 20 ans, Christophe Thivierge, se trouvait à l’arrière d’une voiture qui aurait fait de l’aquaplanage avant de heurter un autre véhicule.  

Une croix a été érigée sur le bord de la route 112 où les deux jeunes ont péri.

Photo courtoisie

Une croix a été érigée sur le bord de la route 112 où les deux jeunes ont péri.

La collision mortelle, qui a eu lieu sur la route 112 à Ascot Corner, en Estrie, a aussi fauché la vie de Dominic Lemieux-Richard, 23 ans, en plus de blesser gravement le passager Cédrik-Alexandre Andrews ainsi que le conducteur. 

Un coroner critique

Outre la chaussée mouillée et la présence d’ornières dans le secteur, les pneus « passablement usés » de la voiture seraient en cause dans cette tragédie, dit le coroner Richard Drapeau, qui a récemment rendu son rapport sur ces décès. 

« Il avait des pneus arrière dont la bande de roulement avait une profondeur de [2,4 mm] dans un cas, et de [1,6 mm] dans l’autre cas », peut-on lire dans son rapport. 

Selon la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), pour un minimum acceptable afin que la sécurité ne soit pas compromise, la bande de roulement doit être d’au moins 4,8 mm au moment de leur installation. Pour être légale, elle doit seulement être de 1,6 mm ou plus. 

On constate que la force de l’impact ne lui a donné aucune chance.

Capture d'écran TVA Nouvelles

On constate que la force de l’impact ne lui a donné aucune chance.

Bons pour le recyclage 

« Rendus là [à cette épaisseur], les gens doivent adapter sérieusement leur conduite. Ce n’est pas loin d’être des pneus qui sont juste bons pour les rebuts », commente le coroner Richard Drapeau.

Selon lui, il est fréquent de voir des accidents à cause de pneus en mauvais état. 

« C’est illogique, s’indigne Valéry Pelletier. Je ne comprends pas pourquoi la loi ne va pas dans le même sens que la sécurité. »

Malgré les circonstances, elle insiste sur le fait qu’elle n’en veut pas au conducteur du véhicule. 

« Justement, il était légal. C’est la loi qui devrait être changée. On ne connaît même pas le danger [des pneus usés], jusqu’à temps de lire un rapport de coroner. »

Elle souhaite sensibiliser les gens à l’importance d’avoir de bons pneus, « pour éviter qu’une autre famille ait à vivre ce drame ». « Si au moins le décès de mon fils peut servir à sauver une vie », laisse-t-elle tomber. 

Dans son rapport, le coroner Drapeau recommande à la SAAQ, ainsi qu’aux écoles de conduite, d’intégrer à ses campagnes de prévention un message sur l’importance de rouler avec de bons pneus non usés, de même usure, de date récente et du même modèle.

En réaction aux recommandations du coroner, le porte-parole de la SAAQ Mario Vaillancourt indique que « l’information diffusée à propos de l’importance de rouler avec de bons pneus sera revue dans le but de rendre le message encore plus précis et complet pour les conducteurs ».