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Des pierres tombales 100% québécoises

Francis Halin | Journal de Montréal

Patrice Trudel, président de Granite Lacroix, de Laval, est fier de pouvoir offrir à ses clients un produit 100 % québécois. « On les fabrique de A à Z. [...] », souligne M. Trudel.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Patrice Trudel, président de Granite Lacroix, de Laval, est fier de pouvoir offrir à ses clients un produit 100 % québécois. « On les fabrique de A à Z. [...] », souligne M. Trudel.

Un fabricant québécois de pierres tombales, qui a fait les monuments de grands noms de notre histoire, a pu tirer son épingle du jeu durant la pandémie en s’approvisionnant de granite ici plutôt qu’en Chine.

«Ceux qui ont décidé de faire fabriquer leurs produits en Asie en vivent les conséquences maintenant. Les chaînes d’approvisionnement sont un peu plus difficiles disons», partage en entrevue au Journal Patrice Trudel, président de Granite Lacroix.

Joël Lemay / Agence QMI

Fondée en 1952 par Albani Lacroix dans sa maison, la PME québécoise qu’il dirige aujourd’hui fabrique entre 1200 et 1500 monuments funéraires par année.

Au fil des ans, la PME de Laval a décroché d’importants contrats de pierres tombales, dont certains pour des personnalités québécoises, qui ont marqué leur époque à leur façon. 

Vedettes québécoises 

Des joueurs de hockey légendaires aux politiciens charismatiques en passant par les artistes adulés, Granite Lacroix a marqué l’histoire avec ses pierres tombales gravées dans le temps.

Maurice Richard, Robert Bourassa, Jean Drapeau, René Angélil, Pierre Falardeau, le Frère André... ont eu droit à un monument confectionné par la PME de la Laval.

Joël Lemay / Agence QMI

«On les fabrique de A à Z. On achète des blocs de granite du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de la région de Mont-Laurier et d’ailleurs au pays», explique Patrice Trudel avec fierté.

Ces derniers mois, contrairement à d’autres, la pandémie n’a pas saigné ses ventes parce que l’entreprise a pu continuer de servir sa clientèle en se fiant à ses fournisseurs québécois.

«On prend les morceaux de granite, on les coupe, on les polit, on les façonne, on les grave. On fait toutes les étapes contrairement à nos compétiteurs, qui achètent les produits finis en Asie et qui ne font que graver le nom du défunt».

Joël Lemay / Agence QMI

Il souligne que le granite d’Inde ou de Chine coûte cher à amener ici parce que la matière première est lourde. Sans parler de la chaîne commerciale, qui a été fragilisée ces derniers mois par une succession de crises.

«Il y a eu la grève au port. On est bien heureux de fabriquer localement. Avec tout le mouvement d’achat local depuis le début de la pandémie, ça nous réconforte dans notre décision», partage l’homme d’affaires.

La pandémie, point tournant 

À deux pas de lui, sa femme et vice-présidente de l’entreprise, Léna Sauvageau, acquiesce : la pandémie a été un point de bascule. 

«Avant, les gens venaient en magasin en personne. On a maintenant beaucoup d’achats par courriel ou via notre site web. On a ajouté des photos à notre catalogue. On discute avec les clients au téléphone. Ces ventes-là ont sûrement doublé ou triplé», avance madame Sauvageau.

Joël Lemay / Agence QMI

Ces dernières semaines, elle a vu des grands-parents et des baby-boomers les contacter comme jamais auparavant parce qu’ils avaient l’équipement électronique et le temps de s’intéresser à leur monument funéraire.

«Cette année, en raison de la COVID-19, les gens réalisent qu’ils ne sont pas immortels», conclut avec philosophie Patrice Trudel, président de Granite Lacroix en jetant un œil sur la pierre brute.


L’an dernier, plus de 254 salons funéraires exerçaient des activités au Québec, selon Statistique Canada.