/news/coronavirus

Éclosions en Mauricie: un rapport d'enquête qui ne surprend pas ni ne guérit pas les plaies

Sébastien Houle | TVA Nouvelles

Les conclusions d'un rapport d'enquête dévoilées vendredi dernier qui attribue les éclosions de COVID-19 du printemps dernier dans les CHSLD de la Mauricie et du Centre-du-Québec à la mobilité du personnel ne surprennent guère dans la région

«Je pense que ma mère est morte pour rien», s’est désolé Stéphane Desrochers, lundi.

Selon lui, l’éclosion au CHSLD Laflèche de Shawinigan – l'un des plus lourdement touchés au début de la pandémie – aurait dû servir à prévenir celle qui s’est abattue au CHSLD Cloutier-Du Rivage, à Trois-Rivières, un mois plus tard. Cette éclosion a emporté la mère de M. Desroches, en mai dernier.

Les réponses à la frustration qu’il ressent encore ne viendront pas du rapport d'enquête qu’a publié le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), a-t-il déclaré à TVA Nouvelles. Un rapport évoque beaucoup de problèmes de communication et de mobilité de personnel.

Pour Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, les constats du rapport reprennent des revendications syndicales que l’on a trop souvent entendues. À travers la vingtaine de pages et la douzaine de recommandations que contient le document, on peut notamment lire qu’il a parfois été constaté que les communications ne se rendaient pas du tout ou pas assez rapidement aux intervenants; que ces communications pouvaient être contradictoires selon la source ou difficilement applicables sur le terrain; qu’il y a eu peu d’activité de contrôle pour s’assurer de l’application des mesures de protection et de leur efficacité et qu’une note de service a été émise pour éviter la mobilité du personnel, mais que l’on permettait tout de même le mouvement de personnel selon des conditions.

Pour le syndicat des infirmières, le problème de mobilité de personnel demeure entier. «Il y a tellement de manque de main-d’œuvre dans les différentes installations que, oui, on en voit encore beaucoup», a déclaré Nathalie Perron, présidente de la FIQ MCQ.

Le rapport arrive alors que la directrice régionale de santé publique en Mauricie-et-Centre-du-Québec, Marie-Josée Godi, est pointée du doigt pour sa gestion de crise. Pour l’actuelle officier de prévention des infections, Lise-Andrée Galarneau, une action plus rapide aurait pu prévenir plusieurs morts. Une lenteur à agir que l’on déplore aussi à Shawinigan. Pour le maire Michel Angers, le CIUSSS MCQ doit procéder à un travail d’introspection.

Tandis que la région se remet lentement de la première vague, et qu’elle vient de passer au code orange, le CIUSSS MCQ assure que des leçons ont été tirées et que tout est prêt pour faire face à la deuxième.