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Le niveau d'alerte relevé partout au Québec

Clara Loiseau et Roxane Trudel et Jérémy Bernier | Journal de Montréal

L’augmentation des nouveaux cas de COVID-19 qui s’accélère rapidement dans plusieurs régions de la province a non seulement fait basculer Montréal et Québec en zone rouge, mais le niveau d'alerte a été relevé d'un palier partout sur le territoire.

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En seulement une semaine, le nombre de cas au Québec a bondi de 75 % en ajoutant les 896 nouveaux cas de coronavirus déclarés hier. Ce nombre de cas quotidien n’avait pas été atteint depuis le début du mois de mai, selon les données du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Et sans grande surprise, ce sont les régions de Montréal (+ 375 cas), de la Capitale-Nationale (+ 120), de Chaudière-Appalaches (+ 57) et de Laval (+ 64) qui sont les plus touchées.

Ces augmentations ont convaincu le ministre de la Santé, Christian Dubé, de faire passer Québec et Montréal en zone rouge, soit le niveau d’alerte maximale, dès mercredi soir.

Hier, les directions de santé publique étaient sur le qui-vive, avant même que le ministre ne fasse sa déclaration.

Peut-être un reconfinement        

Reconfiner la population est une possibilité, dit le Dr Jean-Pierre Trépanier, directeur de la santé publique de Laval, qui compte une quarantaine d’éclosions sur son territoire.

« Cette éventualité-là ne peut pas être écartée si on voit que l’épidémie continue de progresser », prévient le directeur, qui craint que Laval ne tombe aussi dans le rouge prochainement.

« La situation est très inquiétante, on n’était pas du tout habitué à ça dans la première vague. La courbe est très à pic en ce moment, ça va très, très vite », souligne Julie Lambert, adjointe à la direction régionale de santé publique de Chaudière-Appalaches. Elle s’inquiète notamment de devoir faire des « choix déchirants » si les urgences se retrouvent saturées.

Christian Jacob, président de l’Association des microbiologistes du Québec, voit mal comment d’autres régions pourraient éviter de tomber bientôt en zone rouge si la population ne collabore pas plus.

« On s’enligne pour continuer d’augmenter [le nombre de nouveaux cas] pendant une, deux, peut-être trois semaines encore avant que nos efforts actuels aient un effet. Donc, j’ai de la misère à voir comment on ne va pas se rendre, ou du moins frôler la zone rouge », ajoute-t-il.

Selon lui, même si Québec a demandé de limiter les interactions au strict nécessaire, il faudra attendre quelques semaines pour voir les fruits de cet effort. Entre-temps, le nombre de cas positifs continuera d’augmenter, affirme le Dr Jacob.