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«Allez donc dans un champ de patates!» lance la mairesse aux antimasques

Béatrice Roy-Brunet | 24 Heures

La présence policière devrait s'accentuer dans les parcs de la métropole au cours des prochains jours, alors que Montréal basculera en zone rouge jeudi concernant la COVID-19.

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Au printemps dernier, les policiers étaient très visibles dans les parcs, veillant au respect de la distance de deux mètres entre les personnes n'habitant pas à la même adresse. Des camionnettes munies de haut-parleurs diffusaient même des messages rappelant que le non-respect des règles pourrait entraîner des amendes salées.

«On l’a déjà fait mais [les policiers] seront encore plus présents dans les parcs. Je demande aux Montréalais et aux Montréalaises qui tiennent à leurs espaces verts de se conformer», a mentionné la mairesse de Montréal Valérie Plante mardi lors d'un point de presse.

 Mme Plante a également rappelé que les rassemblements extérieurs où la distanciation sociale n'est pas respectée, tel qu'observé aux Tam-tams du mont Royal dimanche, ne sont pas acceptables.

La mairesse a expliqué attendre le décret sur lequel travaille présentement le gouvernement du Québec afin d’orienter les moyens concrets qui seront pris par les forces policières pour faire respecter les mesures de la zone rouge.

Message clair 

La mairesse n'y est pas allée de main morte en s'adressant aux manifestants «antimasques», qui se sont réunis à quelques reprises dans les rues de Montréal au cours des derniers mois. À partir de jeudi, le port du couvre-visage deviendra obligatoire dans les manifestations, a annoncé le gouvernement de François Legault lundi, et la mairesse ne veut plus voir de manifestants sans masques regroupés dans les rues de la ville.

«Mon message c’est : "allez donc dans un champ de patates". [...] À Montréal, on n'est pas comme ça, on se tient, on est solidaires et moi je ne peux pas accepter comme mairesse que des gens viennent mettre la santé de notre population [en jeu]», a lancé la mairesse.

«Les manifestations, je pense qu’il faut avoir plus de moyens ne serait-ce que d’obliger le port du masque et de respecter le deux mètres», a-t-elle précisé, tout en rappelant que manifester demeurait un droit fondamental.Moyenne de 240 cas par jour.

La pandémie de COVID-19 poursuit son accélération à Montréal avec une moyenne de 240 nouveaux cas par jour.

La métropole a enregistré 1669 nouveaux cas de COVID-19 durant la dernière semaine, a mentionné la Dre Mylène Drouin, directrice de santé publique de Montréal, mardi.

«On voit la progression qui s’accélère dans tous les quartiers montréalais. L’ouest est plus épargné avec des indicateurs qui reflètent plus le niveau jaune et orange, mais globalement tout le monde tend dans la même direction», a-t-elle dit.

Présentement, un total de 61 personnes sont hospitalisées sur le territoire montréalais. De ce chiffre, 17 se trouvent aux soins intensifs. Même si Montréal est rouge au niveau de la population, les établissements de la santé demeurent au jaune, a-t-on précisé. Les services ne sont donc présentement pas délestés.

La Dre Drouin a d’ailleurs appelé la tranche d’âge des 18 à 34 ans à aller se faire dépister, comme leur taux de positivité est très élevé et qu’ils participent peu au dépistage. Une campagne sur les médias sociaux sera lancée pour inciter la population à collaborer avec la santé publique.

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