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Décès de Joyce Echaquan: vaste vigile à Joliette

Geneviève Quessy | Agence QMI

«Justice pour Joyce», «Non au racisme», a scandé une foule d'environ 400 personnes qui a marché jusqu'au Centre hospitalier de Joliette, mardi soir, pour une veillée aux chandelles en mémoire de Joyce Echaquan.

Le grand chef et président de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, était parmi eux.

«On est indigné, choqué, et rempli de questionnements, a t-il lancé. Souvent, les gens se plaignent des gestes qu'ils subissent, mais tout ce qu'on peut faire pour eux, c'est de les écouter. Ils n'ont pas de preuves. Avec ce vidéo, plus personne ne peut le nier. Il est temps que François Legault reconnaisse que le racisme systémique existe bel et bien. Maintenant, on veut des actions!»

Beaucoup de témoignages de tristesse, mais aussi de colère, étaient partagés parmi la foule. «Il est arrivé la même chose à mon mari l'an dernier, a raconté Janis Ottawa, qui enseigne à l'un des enfants de la disparue, à Manawan. L'hôpital a perdu sa requête et mon mari n'a pas pu faire les tests dont il avait besoin. Il était jeune et aujourd'hui il ne serait pas mort du cancer si ce n'avait pas été de cette négligence médicale.»

Nicole Awashish est venue avec sa famille depuis Trois-Rivières. «C'était important pour nous de manifester notre soutien à la famille. Ça m'a bouleversé, c'est vraiment triste. Moi-même, ma petite soeur est disparue, il y a longtemps, jamais revenue de l'hôpital. On n'a jamais su ce qui lui est arrivé.»

Patrick Moar a fait 3 heures de route depuis Manawan, comme plusieurs parmi la foule. «C'est le temps que le gouvernement fasse quelque chose. C'est pas l'apartheid, mais quand même, je ne peux pas croire qu'elle soit morte comme ça, dans le racisme. Il faut que ça change. Que nos familles puissent vivre en sécurité, obtenir les soins et les services dont ils ont besoin.

Dénoncer le racisme, assurer la sécurité de tous, et obtenir justice pour ceux dont les droits sont bafoués revenaient souvent dans les discours de tous ceux qui se sont succédé au micro, entre les chants et les tambours.

Paul-Émile Ottawa, chef de Manawan, s'est adressé à la foule, recueillie, certains tenant des chandelles, d'autres des pancartes décorées de slogan. «Je vous invite à agir pacifiquement malgré toute la peine que cette situation nous inspire. Je demande à mon peuple de rester calme, de chercher des solutions concrètes. Le dialogue est l'arme la plus puissante», a-t-il plaidé.