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«Je suis très anéantie», confie la cousine de Joyce Echaquan

Magalie Lapointe | Agence QMI

La famille de la femme attikamek décédée à l’hôpital de Joliette lundi après avoir publiée une vidéo en direct montrant des professionnelles de la santé la maltraiter et prononcer des propos racistes à son égard est complètement dévastée au lendemain de cette tragédie qui a bouleversé tout le Québec.

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«Je suis très anéantie. Parce que la mort c’est triste. Mais c’est encore plus déchirant d’apprendre comment elles l’ont traitée et comment elle est décédée», a soufflé la cousine de Joyce Echaquan, Karine Echaquan, en entrevue avec l'Agence QMI.

«Hier soir, je n’ai pas réussi à dormir et j’entendais encore ses cris», a-t-elle ajouté.

Souvent à l’hôpital    

Joyce Echaquan était une mère de famille de sept enfants. Samedi dernier, elle était arrivée à l’hôpital de Joliette en ambulance, car elle souffrait de maux d’estomac.

La femme de 37 ans était bien connue des professionnels de cet hôpital en raison de ses problèmes cardiaques et de ses accouchements.

Selon sa cousine, Karine Echaquan, elle actionnait souvent son cellulaire, car elle se savait maltraitée à l’intérieur des murs de cet établissement.

La vidéo publiée en direct sur Facebook par la mère de famille en est la preuve.

«T’as fait des mauvais choix ma belle. Qu’est-ce qui penseraient tes enfants de te voir comme ça? Pense à eux autres un peu... C’est meilleur pour fourrer qu’autre chose, pis on paie pour ça. Qui tu penses qui paie pour ça?», sont quelques phrases qui ont été dites par une infirmière et une préposée à l'endroit de Mme Echaquan.

Choquée, Karine Echaquan s’est rendue à l’hôpital de Joliette dès qu’elle a pris connaissance de la vidéo. Interprète judiciaire, elle a l’habitude d’y aller pour aider les Attikameks de Manawan à comprendre ce que les professionnels disent.

Cette fois, elle est arrivée trop tard.

Seule la fille de Joyce Echaquan et la belle-sœur de cette dernière étaient sur place.

«C’est moi qui ai annoncé la mort de Joyce à sa fille. Il était 12 h 30. Elle m’a dit "c’est pas vrai. Dis-moi que ce n’est pas vrai. Ils ont tué ma mère?"», a raconté Mme Echaquan.

La communauté autochtone est très choquée, mais pas surprise par cet événement.

«C’est inacceptable de constater qu’encore une fois en 2020 le traitement réservé aux personnes autochtones, c’est celui-là. Dans ces derniers moments, elle (Joyce) a été entourée de gens qui ne portaient pas à son bien-être, c’est dégradant ce qui a été dit», a indiqué la directrice générale du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec, Tanya Sirois.

«Moi, j'ai perdu dans les mêmes circonstances ma mère, mon père, mon grand-père, ma grand-mère et des cousins dans cet hôpital», a ajouté son cousin Reginald Echaquan.

Enquête    

Plus tôt mardi, le premier ministre François Legault a annoncé que l’infirmière aux propos racistes avait été congédiée et qu’une enquête du coroner serait menée.

Une campagne de sociofinancement a également été lancée sur le site GoFund me pour amasser de l’argent pour les sept enfants de Joyce Echaquan.