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Les détaillants ont eu chaud

Martin Jolicoeur et Jean-Michel Genois Gagnon | Journal de Montréal

Les mesures de sécurité pourraient être accrues dans les supermarchés des zones rouges, comme à cet établissement de l’enseigne Metro, de l’avenue Côte-des-Neiges, à Montréal.

Photo Martin Jolicoeur

Les mesures de sécurité pourraient être accrues dans les supermarchés des zones rouges, comme à cet établissement de l’enseigne Metro, de l’avenue Côte-des-Neiges, à Montréal.

Après avoir craint le pire, les détaillants, centres commerciaux et entrepreneurs en construction des nouvelles zones rouges, décrétées par la Santé publique, peuvent recommencer à respirer normalement. Du moins, pour l’instant.

« Je ne dirais pas que nous sommes heureux. Mais disons que nous sommes tous très soulagés », a réagi hier soir le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), Stéphane Drouin, quelques minutes après la conférence de presse télévisée du premier ministre François Legault.

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En raison de leur situation jugée préoccupante, les régions de la Communauté métropolitaine de Montréal (en plus du secteur de Saint-Jérôme), de la Capitale nationale (hormis Portneuf et Charlevoix) et de Chaudière-Appalaches ont appris hier qu’elles passaient en zone rouge. 

D’un même souffle, le gouvernement a annoncé que dans la nuit de mercredi à jeudi, tous les bars, discothèques, cinémas et salles à manger des restaurants et cafés de ces trois régions seront tenus de fermer pour une première période de 28 jours. 

« Je comprends que ce n’est pas facile, a déclaré François Legault, empathique au sort des employés et propriétaires de ces établissements. J’ai été moi-même entrepreneur. Ce n’est pas drôle ce qu’on annonce. (...) Mais on le fait pour sauver des vies. »

Marque de confiance 

Soulagés, la plupart des autres secteurs d’activité ont été épargnés par ces premières mesures de restriction visant à limiter le les occasions de socialisation dans les régions les plus affectées par la pandémie. Contrairement au printemps, Québec autorise les commerces et centres commerciaux à demeurer ouverts. Le patron du CQCD y voit une marque de confiance envers l’industrie.

« Ils ont vu que nous avons agi de manière responsable en suivant les règles qui nous ont été suggérées, dit M. Drouin. Nous devons continuer. À l’approche des Fêtes, c’est dans l’intérêt de tous. »

Plus de mesures ? 

Même soulagement du côté des épiciers, épargnés de nouvelles restrictions, tant en ce qui a trait au nombre de clients, qu’aux heures d’ouverture. Certains pourraient même accentuer leurs efforts par souci de prudence.

« C’est clair que les supermarchés vont s’ajuster, autant pour les employés que pour la clientèle », a indiqué Jean-François Belleau, porte-parole du Conseil canadien du commerce de détail, au nom des grands de l’alimentation.  

Chez IGA, le v.-p. de l’exploitation de détail assure que la direction va réitérer aux magasins l’importance de l’application des mesures sanitaires.  

« Les mesures de prévention doivent rester, et ce, peu importe la couleur », dit Sylvain Lebel. « L’accueil dans les magasins, les limites de clients, le nettoyage des paniers, cela doit demeurer ». 

La construction maintenue 

L’industrie de la construction respire mieux aussi. Et avec elle évidemment, les quincailliers et marchands d’articles de rénovation. 

« Plus de trois heures travaillées sur quatre dans l’industrie, sont effectuées dans les régions de Montréal et Québec. Alors, c’est certain qu’un arrêt aurait un impact extrêmement important », dit l’économiste Jean-Philippe Cliche, de l’Association de la construction du Québec.

Lors de la première vague, les chantiers avaient été interrompus du 25 mars au 10 mai, saignant la productivité de l’industrie comme jamais auparavant, se souvient-il.  

–Avec la collaboration de Francis Halin